Égypte : Non, ces images ne montrent pas un test de dépistage anal du Covid-19

Des internautes en Égypte ont relayé ces captures d'écran sur Facebook, affirmant que les autorités égyptiennes pratiquaient le test anal pour dépister le Covid-19.
Des internautes en Égypte ont relayé ces captures d'écran sur Facebook, affirmant que les autorités égyptiennes pratiquaient le test anal pour dépister le Covid-19. © Captures d'écran Facebook

Depuis début février, des internautes ont relayé des allégations selon lesquelles l'Égypte aurait commencé à pratiquer un test anal de dépistage du Covid-19 dans les aéroports. Pour appuyer leur propos, certains ont notamment posté des captures d'écran censées montrer un médecin opérant ce type de test dans un hall d'aéroport. En réalité, ces images ne proviennent pas d'Égypte, mais de Chine, où le test anal est désormais effectivement pratiqué dans certaines circonstances.

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L'allégation a été postée sur plusieurs pages Facebook, mais aussi sur Twitter. Elle a été notamment relayée le 2 février sur une page Facebook qui diffuse des "informations" sur l'Égypte, appelée Aïn misr ("Un œil sur l'Égypte"). "Pratique du test anal dans les aéroports en Égypte", annonce cette publication partagée 24 fois, qui est accompagnée de deux captures d'écran. Sur la capture de gauche, on voit un homme en pyjama rayé penché sur des chaises et les jambes écartées, tandis qu'un homme en tenue de soignant se tient à côté de lui. Sur la photo de droite, l'homme s'apprête à introduire un coton tige dans le rectum du mannequin.

Capture d'écran d'une publication Facebook relayant une rumeur selon laquelle les autorités en Egypte pratiquement un test anal dans les aéroports pour dépister le Convid-19.
Capture d'écran d'une publication Facebook relayant une rumeur selon laquelle les autorités en Egypte pratiquement un test anal dans les aéroports pour dépister le Convid-19. © Facebook

Plusieurs autres pages ont repris des propos similaires avec ces mêmes images à l'appui, notamment Khabar Ajel, Best wishes.

Premier constat : on voit bien sur les photos qu'il s'agit d'un mannequin et non d'un être humain, celles-ci ne montrent donc pas un test anal réel, de Covid-19, mais cela ressemble plutôt une démonstration. 

Pour retrouver l'origine de ces captures d'écran, une recherche sur Google avec les mots "test anal mannequin covid" en anglais, permet de retrouver un article publié sur le site d'information lindependant.fr. L'article, daté du 1er février 2021, explique que la Chine a commencé à effectuer un test anal de dépistage de Covid-19. L'article est en outre accompagné d'une vidéo de démonstration de test anal d'où sont extraites les deux captures d'écran présentées sur des publications Facebook concernant les soi-disant tests dans les aéroports en Égypte.

Sur cette vidéo, un soignant explique en mandarin comment effectuer un test de dépistage anal du Covid-19, en utilisant un mannequin. Sur la poche de sa blouse, on peut lire ces trois lettres capitales : CDC.

Capture d'écran
Capture d'écran © réseaux sociaux

CDC est en fait une abréviation pour "Chinese Center for Disease Control and Prevention", une organisation gouvernementale chinoise spécialisée dans le contrôle et la prévention des maladies.

Cette vidéo n'a donc pas pu être tournée en Égypte, et n'illustre pas un début de recours aux tests anaux dans les aéroports du pays.

Le porte-parole du ministère égyptien de la Santé, Khalid Moudjahid, avait démenti dès le 30 janvier la rumeur selon laquelle les autorités auraient recours au test anal.

Un conseiller à la présidence, Mohamed Aoudh Tadj Eddine, avait en outre indiqué lors d'une intervention à la télévision le 28 janvier que "le test anal dont on parle en Chine ne sera[it] pas adopté par l'Égypte".  

Les autorités chinoises avaient annoncé fin janvier que dans certaines villes chinoises, des échantillons anaux étaient utilisés pour dépister le Covid-19, car jugées plus fiables que le test nasal ou salivaire.   

Citant un responsable à Pékin, Reuters a indiqué que des tests anaux ont été effectués sur 1 000 personnes dans une école primaire au mois de janvier, les enseignants, l'équipe d'encadrement et les élèves.