COLOMBIA

Le témoignage du père d’un otage

Sortirons, sortirons pas ? Alors que tout le monde attend la libération de Clara Rojas, de son fils Emmanuel et du député Consuelo González Pérdomo, nos Observateurs nous décrivent l’ambiance en Colombie. Le père d’un otage, Ismael Márquez, espère que ces libérations permettront d’avancer sur le dossier de son fils, détenu depuis 1999. Le beau-fils d’Ingrid Bétancourt reconnaît quant à lui que la libération de la franco-colombienne, qui a une « valeur inestimable » pour les Farc, ne pourra être négociée que dans le cadre d’un accord portant sur l’ensemble des otages.

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Sortirons, sortirons pas ? Alors que tout le monde attend la libération de Clara Rojas, de son fils Emmanuel et du député Consuelo González Pérdomo, nos Observateurs nous décrivent l’ambiance en Colombie. Le père d’un otage, Ismael Márquez, espère que ces libérations permettront d’avancer sur le dossier de son fils, détenu depuis 1999. Le beau-fils d’Ingrid Bétancourt reconnaît quant à lui que la libération de la franco-colombienne, qui a une « valeur inestimable » pour les Farc, ne pourra être négociée que dans le cadre d’un accord portant sur l’ensemble des otages.

"Il n'y pas que trois otages"

Le fils d’Ismael Márquez, un avocat de 33 ans, est détenu par les Farc depuis 1999. Ils ne se sont parlés que deux fois au téléphone depuis son enlèvement.

La pression internationale est très importante. C’est un moment crucial pour toutes les familles d’otages en Colombie. Cependant, il me semble que, pour l’instant, ils oublient un peu qu’il n'y a pas que ces trois personnes qui sont détenues. (…) Le président Uribe dit qu’il y a 500 personnes en captivité, ce qui est ridicule. On ne connait pas le nombre exact de prisonniers, mais certains disent qu’il y en aurait 6500. Je m’étonne que les pays d’Amérique Latine n’aient pas un rôle plus déterminant dans cette crise. Pourquoi des pays comme l’Argentine, le Chili, le Brésil et Cuba ne s’engagent-ils pas plus? »

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Le commentaire du beau-fils d'Ingrid Bétancourt

Sébastien Delloye est le fils de Fabrice Delloye, l’ex-mari d’Ingrid Bétancourt. Il réside actuellement en Belgique et travaille dans l’audiovisuel.

Nous avons de nouveau une lueur d’espoir. L’intervention du président Hugo Chavez et de Piedad Cordoba, la sénatrice colombienne qui a servi d’intermédiaire, sont déterminantes. Ce geste unilatéral des FARC, même s’il s’adresse officiellement à Chavez, permet de poursuivre les négociations avec le gouvernement colombien, de manière indirecte. Les parties se répondent et les lignes bougent enfin dans le bon sens. (…) Maintenant, le gouvernement d’Alvaro Uribe doit adresser une réponse forte aux Farc pour que le dossier puisse progresser. il y a des conflits, en coulisses, entre les gouvernements colombiens et vénézuéliens, mais la présence d’observateurs internationaux, comme l'ancien président argentin Kirchner, devrait être le garant d’une libération des otages dans de bonnes conditions, sans violences. Concernant Ingrid et les autres otages, le combat est loin d’être terminé. Ingrid, plus que tout autre, a une valeur inestimable pour les Farc. Il faudra donc sans aucun doute qu’une solution globale soit négociée pour que les Farc acceptent sa libération. Nous nous sommes engagés dans une négociation sur l’ensemble des otages, et notre lutte ne prendra fin que lorsqu’ils seront tous libérés.»

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Notre observateur, Sebastien Longhurst, nous rapporte l’état d’esprit des colombiens

Les Colombiens sont las après cette longue partie de ping pong entre Caracas et Bogota. Ces deux derniers mois ont, je crois, renforcé la perception très largement négative qu'ont les Colombiens du président Hugo Chavez. En effet, malgré les récents débordements diplomatiques du président Uribe, sa popularité reste élevée et nombreux sont les citoyens qui croient en sa bonne volonté dans ce processus de négociation avec les Farcs. En revanche, le public colombien s’interroge toujours sur les motivations profondes du président Vénézuélien. Sur le plan diplomatique, Chavez pourrait bien profiter de cette occasion pour isoler encore un peu plus le président Colombien, dans un contexte sudaméricain largement orienté à gauche. Il est clair que la Colombie se réjouira de retrouver le petit Emmanuel Rojas, fils de Clara né en captivité, qui est devenu le symbole de la protestation populaire contre les Farcs. Mais elle se souviendra aussi des échecs des précédents gouvernements (Ernesto Samper de 1994 à 1998, Andrés Pastrana de 1998 à 2002 et Álvaro Uribe durant son premier mandat, de 2002 à 2006). Les gens restent donc sceptiques vis-à-vis de ces négociations. Ce qui est clair, c'est que l'acceptation quasi-immédiate par le gouvernement Colombien de la proposition vénézuélienne constitue un progrès important dans nos relations bilatérales. Le succès de cette opération binationale contribuera au réchauffement des rapports entre ces deux voisins dont les échanges économiques s'élèvent à plus de 5 milliards de dollars pour 2007… »

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