CANADA

Le Taser, une arme "non létale" ?

Un organe de surveillance interne de la police fédérale canadienne a demandé, hier, que les autorités encadrent plus strictement l'utilisation du Taser (pistolet à décharge électrique). Cette prise de position relance la polémique sur l'utilisation de cette arme, déjà mise en cause dans la mort d'un immigré polonais, le 14 octobre, à l'aéroport de Vancouver. Un passager a filmé l'intégralité de l'intervention policière et diffusé ces images quelques semaines après l'incident. Robert Dziekanski, l'homme que l'on voit sur la vidéo, est mort quelques minutes après avoir reçu la décharge du Taser. Nous avons recueilli le commentaire d'une représentante d'Amnesty International, qui condamne l'utilisation abusive de cette arme en Amérique du Nord, et celui du président de la société Taser, Tom Smith. Vidéo filmée par un passager, le 14 octobre.

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Un organe de surveillance interne de la police fédérale canadienne a demandé, hier, que les autorités encadrent plus strictement l'utilisation du Taser (pistolet à décharge électrique). Cette prise de position relance la polémique sur l'utilisation de cette arme, déjà mise en cause dans la mort d'un immigré polonais, le 14 octobre, à l'aéroport de Vancouver. Un passager a filmé l'intégralité de l'intervention policière et diffusé ces images quelques semaines après l'incident. Robert Dziekanski, l'homme que l'on voit sur la vidéo, est mort quelques minutes après avoir reçu la décharge du Taser. Nous avons recueilli le commentaire d'une représentante d'Amnesty International, qui condamne l'utilisation abusive de cette arme en Amérique du Nord, et celui du président de la société Taser, Tom Smith. 

 

Vidéo filmée par un passager, le 14 octobre.

La BBC indique que Robert Dziekanski, 40 ans, avait donné rendez-vous à sa mère à la sortie de l'avion. Mais il ne l'avait pas trouvé et avait attendu dix heures durant à l'aéroport. C'était par ailleurs la première fois qu'il prenait l'avion. Ces éléments peuvent expliquer sa crise de nerfs au moment où la police intervient.

Commentaire de Tom Smith, président de Taser International

La société Taser International Inc prévoit de faire un chiffre d'affaires d'environ 100 millions de dollars cette année. Elle vend ses produits aux forces de police du monde entier, notamment en France, au Royaume-Uni, en Corée du Sud et en Afrique du Sud. Son slogan : "Taser protège la vie".

Tom Smith, président de Taser International. Inc :

Je ne pense pas que la mort de cet homme soit due à l'utilisation du Taser. Car il continue de se débattre après avoir été touché. Or l'électricité a un effet immédiat. La réalité c'est que nous avons "Tasés" 500 000 personnes et nous sommes convaincus que cette arme n'est pas mortelle. Des décès à la suite d'interventions policières, ça a toujours existé. La plupart du temps, ces morts sont dues à des drogues prises par les criminels, pas au Taser. Et à la place de notre arme, ça aurait pu être une bombe lacrymogène, ou une matraque.

Notre réputation est meilleure que jamais. Le Taser sauve des vies. Je suis surpris qu'Amnesty s'en prenne à nous, car l'utilisation de cette arme sert les droits de l'homme. N'est-ce pas mieux que d'utiliser une arme à feu ? Selon moi, le policier canadien a utilisé le Taser de manière appropriée. Mais nous en saurons plus quand les résultats de l'enquête seront rendus publics."

Commentaire d'Eulette Ewart, Amnesty International

Il est impossible de dire, avant un examen médical approfondi, si cet homme est mort à cause du Taser. Mais on ne peut que constater, en voyant la vidéo sur Youtube, qu'il est mort juste après avoir été touché par cette arme. Et ça n'est pas un cas isolé. Depuis 2001, plus de 290 personnes ont été tuées, en Amérique du Nord, après avoir reçu la décharge électrique d'un Taser. Cette société affirme que son arme n'est pas mortelle. Pourtant, ils ont changé leurs plaquettes de présentation du produit en 2005. Avant, ils appelaient le Taser une arme "non létale" (non lethal), mais, aujourd'hui, ils la qualifient de "moins létale" (less lethal).

Le problème n'est pas tant l'arme, mais la façon dont elle est utilisée. Nous pensons qu'elle ne devrait être utilisée que dans certaines circonstances très précises et par des policiers entraînés. C'est le cas en Grande Bretagne, mais pas aux Etats-Unis ni au Canada."

Taser fait la promo de son modèle "grand public"

La société TASER a dévoilé son nouveau modèle, le C2, lancé au début de l'année. Il s'agit d'une version déclinée pour le grand public. Le représentant de TASER précise : "La charge électrique bloque totalement les muscles de la personne visée, de telle sorte qu'elle ne peut vraiment plus rien faire. Mais dès que la décharge s'arrête, la personne retrouve son état normal. C'est le meilleur moyen de se protéger de manière légale."

 

Vidéo publiée le 11 Janvier 2007.