COLOMBIE/ VENEZUELA

La sénatrice Piedad Córdoba, alliée colombienne d’Hugo Chavez

Dossier de notre éditeur régional Amérique latine, Pour négocier avec les FARC sur le sort des otages, Hugo Chavez s’appuie sur les contacts de la sénatrice colombienne Piedad Córdoba, son relais dans le pays. La relation Chavez-Cordoba, et leur intervention dans le dossier des otages, animent les discussions sur le Net dans les deux pays. Et la décision du président colombien Álvaro Uribe de mettre un terme à la médiation de son homologue vénézuélien n’a fait qu’envenimer les débats.

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Dossier de notre éditeur régional Amérique latine, Cristiano de Sa Fagundes

Pour négocier avec les FARC sur le sort des otages, Hugo Chavez s’appuie sur les contacts de la sénatrice colombienne Piedad Córdoba, son relais dans le pays. La relation Chávez-Cordoba, et leur intervention dans le dossier des otages, animent les discussions sur le Net dans les deux pays. Et la décision du président colombien Álvaro Uribe de mettre un terme à la médiation de son homologue vénézuélien n’a fait qu’envenimer les débats.

Piedad Córdoba avait rencontré les FARC en septembre

La sénatrice s’est rendue dans la zone contrôlée par les FARC le 14 septembre 2007. Elle y a rencontré le porte-parole de la guérilla, Raul Reyes. Ce dernier annonce pour la première fois, dans cette vidéo, que Manuel Marulanda, le leader des FARC, accepte de rencontrer le Président vénézuélien. Il propose que ce « sommet » se tienne le 8 octobre, jour anniversaire de la mort du Che, et remercie le président français pour son intervention dans ce dossier. La rencontre n’a finalement pas pu se dérouler car les autorités colombiennes ont exigé que Manuel Marulanda sorte du pays avec visa et sous escorte de l’armée régulière colombienne.

Extraits de la déclaration de Raul Reyes :

Je vous salue, commandant Chavez, depuis les montagnes de Colombie... Je suis accompagné de Piedad Cordoba, ma compatriote, qui est venue me saluer... Nous souhaitons nous expliquer sur la possibilité d’un accord humanitaire, accord pour lequel les FARC militent depuis 5 ans, mais qui n’a malheureusement jamais pu se réaliser... Je suis sûr qu’avec votre aide nous pouvons atteindre notre objectif : libérer tous les prisonniers (...). Je vous félicite pour votre excellent travail dans ce sens... Je veux aussi remercier le commandant Ortega pour ses efforts, ainsi que le président Lula, le président Sarkozy et de tous ceux qui s’efforcent d’obtenir cet accord humanitaire (...) »

« Piedad Córdoba doit prouver aux colombiens que son concubinat politique avec Chavez va déboucher sur des avancées concrètes »

L’intervention de Piedad Córdoba dans les négociations entre le président Hugo Chavez et les représantants des FARC me semble un peu suspecte, mais il s’agit de l’initiative la plus concrète, jusqu’a présent, pour atteindre un accord humanitaire et ainsi permettre le retour des otages dans leurs familles. J’espère que les photos de Córdoba [souriante à côté de soldats des FARC] annonce que la fin du tunnel est proche. La Colombie doit éviter que les otages ne soient tués lors d’une opération de sauvetage, ou qu’ils soient pendus par les guérilleros, pour économiser des balles. Car pour eux, les munitions valent plus que la vie des otages, qu’ils soient civils, policiers ou militaires. (…) Piedad Córdoba doit prouver aux colombiens que son concubinat politique avec Chavez et ses relations avec les FARC vont déboucher sur quelque chose de concret. Mme la sénatrice, dissipez nos doutes ! »

« Les vraies intentions d’Hugo Chavez »

« La fin de la médiation de Chavez indique pour certains que le président Alvaro Uribe ne souhaiterait pas aboutir à une solution sur le dossier des otages. Les jours passent et nous sommes au bord d’une rupture de relations diplomatiques [entre le Venezuela et la Colombie] suite aux échanges enflammés entre les deux présidents. Mais le président Uribe a expliqué, dans un discours à Calamar, dans la région de Bolivar, qu’il s’est peu a peu rendu compte des vraies intentions du président Chavez et de la sénatrice Piedad Córdoba. Sous prétexte d’un accord humanitaire, c’était en réalité une tentative d’exportation du projet politique de Chavez en Colombie (…). »

"Je crois qu’Uribe a subi des pressions en interne et au niveau international"

Je pense qu’il est lamentable qu’Uribe ait interdit la médiation de Cordoba et de Chávez. Mais j’avais été surprise par la décision d’Uribe, au départ, de laisser Chavez s’immiscer dans une affaire aussi sensible. Je crois que tout le monde avait été un peu surpris. Je crois qu’Uribe a subi des pressions en interne et au niveau international. Maintenant, je ne sais pas ce qui va se passer. On a une importante population colombienne au Venezuela, des émigrés et des descendants d’émigrés. Et les relations commerciales entre nos pays vont se compliquer, comme par exemple au sujet du gazoduc qui a été inauguré juste avant la crise. Il semblait pourtant que ces derniers temps les relations entre Chávez et Uribe s’amélioraient. Et puis tout à coup, on se retrouve dans l’impasse. »