Ces initiatives qui nous ont redonné le sourire en 2021

En Ouganda, au Japon, au Sénégal, en Colombie ou encore en Inde, des initiatives menées par des individus nous ont permis de retrouver le sourire en 2021.
En Ouganda, au Japon, au Sénégal, en Colombie ou encore en Inde, des initiatives menées par des individus nous ont permis de retrouver le sourire en 2021. © Les Observateurs de France 24

Pandémie de Covid-19, retour des Taliban en Afghanistan, crise économique majeure au Liban, répression de manifestations en Colombie ou encore incendies en Algérie : l’année 2021 n’a pas été épargnée par les mauvaises nouvelles. Mais au sein de la rédaction des Observateurs de France 24, nous avons aussi retrouvé le sourire grâce à plusieurs initiatives, menées aux quatre coins du monde.

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La rédaction des Observateurs de France 24 revient sur sept initiatives positives menées en 2021 par des individus en Afrique, en Asie, en Amérique et en Europe.

Au Sénégal, un professeur porte le bébé de l’une de ses étudiantes et encourage les jeunes mères à ne pas abandonner leurs études

Professeur dans une université sénégalaise, Labaly Touré a suscité l’engouement sur Twitter, début juin, lorsqu’il a publié deux photos de lui en train de porter le bébé de l’une de ses étudiantes, pendant son cours.

Contacté par notre rédaction, il a indiqué qu’il avait fait cela pour que l’étudiante puisse suivre son cours tranquillement, et il a encouragé les étudiantes mères à ne pas abandonner leurs études. Il s’est également interrogé : "Quelles solutions pouvons-nous proposer aux jeunes filles qui viennent à l'université avec leur bébé ? La situation des ces jeunes femmes démontre bien un problème au Sénégal : les crèches et les nounous coûtent cher, ces solutions de garde ne sont pas à la portée de tous."

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : Sénégal : un professeur porte le bébé d’une élève pour "saluer le courage de toutes les mères étudiantes"

En Ouganda, un entraîneur donne des cours de gymnastique aux enfants des rues

Vidéo publiée par Yiga Mustafa sur Facebook le 30 mai et montrant des membres du Kataka Gymnastics Club exécuter des saltos arrière.

Depuis mai, Yiga Mustafa, un entraîneur de 20 ans, organise des cours de gymnastique pour les enfants des rues dans un quartier pauvre de la banlieue de Kampala, la capitale ougandaise. Tous les jours, une soixantaine de jeune âgés de trois à treize ans, membres du Kataka Gymnastics Club, se retrouvent ainsi pour faire des saltos arrière, des roues ou encore des roulades.

Lui-même ancien enfant des rues, Yiga Mustafa a indiqué à notre rédaction : "La plupart des enfants viennent de milieux difficiles. Mais quand ils font de la gymnastique, ils ne sont pas en train de traîner dans la rue, à consommer de la drogue par exemple. Donc cette pratique permet de les garder à distance des mauvaises fréquentations."

Son ambition : populariser la gymnastique en Ouganda et participer à des compétitions locales et internationales.

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : Ouganda : "Coach Mustafa" rêve de transformer des enfants des rues en champions de gymnastique 

En Inde, un enseignant construit une cabane dans un arbre pour donner des cours en ligne de meilleure qualité

La salle de classe construite par C.S. Satheesha, un enseignant du village reculé de Mullur, dans l’État du Karnataka, en Inde, pour obtenir une meilleure connexion à Internet et continuer à donner cours en ligne.
La salle de classe construite par C.S. Satheesha, un enseignant du village reculé de Mullur, dans l’État du Karnataka, en Inde, pour obtenir une meilleure connexion à Internet et continuer à donner cours en ligne. © C.S. Satheesha

En Inde, les écoles ont été fermées pendant des mois en raison de la pandémie de Covid-19, et certaines n’ont d’ailleurs toujours pas rouvert. Pour continuer à donner des cours en ligne, C.S. Satheesha, enseignant à l’école primaire du village de Mullur (État du Karnataka), a construit une salle de cours… en haut d’un arbre. L’objectif : obtenir une meilleure connexion à Internet, en captant les signaux des antennes-relais de téléphonie mobile situées à proximité, alors qu’il avait régulièrement des problèmes de connexion chez lui.

Contacté par notre rédaction, il a indiqué : "J'ai cherché sur Google comment construire une cabane dans les arbres, et j'ai fait tout le travail moi-même. Ce n'était pas difficile, parce que je souhaitais vraiment avoir une bonne salle de classe. Maintenant, nous avons une très bonne connexion réseau et les cours se déroulent avec succès."

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : Inde : une salle de classe en haut d’un arbre… pour donner des cours en ligne

Au Japon, des "samouraïs nouvelle génération" ramassent les déchets dans les rues

Vidéo publiée sur le compte TikTok des "Gomihiroi Samurai" le 24 janvier.

Même si le Japon est réputé pour sa propreté, des déchets traînent tout de même dans les rues. Depuis des années, les "Gomihiroi Samurai" ("samouraïs ramasseurs d’ordures", en français) arpentent donc les rues de Tokyo à la recherche de détritus, qu’ils ramassent en reproduisant les gestes des légendaires guerriers médiévaux japonais.

L’objectif de ce groupe, essentiellement composé d’acteurs professionnels : sensibiliser les Japonais au ramassage des déchets. Contacté en juillet par notre rédaction, Nakagawara, le gérant du groupe, raconte : "Des gens disent qu’ils ont arrêté de jeter leurs déchets dans la rue après avoir regardé nos vidéos, d’autres racontent même qu’ils se sont mis à en ramasser quand ils en voyaient traîner."

Selon lui, la quantité de détritus dans les rues nippones a augmenté depuis le début de la pandémie car les gens utilisent davantage d’objets jetables "pour des raisons de sécurité et d’hygiène".

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : À Tokyo, des samouraïs modernes récoltent les ordures pour lutter contre l’incivilité 

Au Malawi, un policier construit tout seul un complexe sportif pour les jeunes

Photos publiées le 24 septembre sur le compte Facebook de Kanduwa Sande, qui a construit un complexe sportif à Machinga, au Malawi.

Depuis dix ans, Kanduwa Sande, un policier de Machinga, un district du sud du Malawi, construit, seul, un complexe sportif sur un terrain à l’abandon : piste d’athlétisme, terrains pour les sports collectifs, fosse de saut… Contacté en juillet par notre rédaction, il a indiqué : "Le sport est un catalyseur de développement, car les gens sportifs mènent un train de vie plus sain et plus actif."

Également contactée par notre rédaction, Merry Kholpa, conseillère d’éducation en école primaire, a salué son travail, soulignant que les infrastructures sportives au Malawi étaient souvent réservées "aux plus privilégiés et aux écoliers inscrits dans le privé".

Certains jeunes de Machinga s’entraînant sur le complexe sportif construit par Kanduwa Sande ont même gagné des médailles dans des compétitions nationales et régionales.

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : Au Malawi, un policier construit des terrains de sport qui "changent des vies"

Depuis l’Allemagne, un Irakien aide les migrants bloqués en mer ou en forêt, à travers sa page Facebook

À gauche : capture d'écran d'une vidéo montrant des migrants coincés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne le 30 septembre. À droite : photo de migrants en détresse près de l'île grecque de Mytilène, le 8 octobre.
À gauche : capture d'écran d'une vidéo montrant des migrants coincés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne le 30 septembre. À droite : photo de migrants en détresse près de l'île grecque de Mytilène, le 8 octobre. © Page Facebook "Consolidated Rescue Group"

Depuis 2016, Ihab al-Raoui, un immigré irakien installé en Allemagne, tente d’aider les migrants, notamment ceux bloqués en mer ou en forêt, à travers sa page Facebook "Consolidated Rescue Group". Quand des migrants le contactent, il leur demande leurs coordonnées GPS, qu’il transmet ensuite à des organisations humanitaires ou à des gardes-côtes pouvant les aider.

Un travail qui permet de sauver des vies, comme il l’explique : "Le 8 octobre, nous avons été contactés par des migrants qui étaient dans une embarcation entre Izmir, en Turquie, et l'île grecque de Lesbos. Ils nous ont raconté que les gardes-côtes grecs avaient saboté le moteur de leur embarcation avant de les abandonner à leur sort. Il y avait 22 personnes à bord, dont trois enfants. On a alors contacté les gardes-côtes turcs, qui les ont secourus."

Cette année, Ihab al-Raoui a également reçu de nombreux messages de migrants bloqués à la frontière entre la Biélorussie, la Pologne et la Lituanie.

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : Depuis l’Allemagne, un activiste irakien à la rescousse des migrants en détresse grâce aux coordonnés GPS 

En Colombie, un jeune de 14 ans valorise le travail des paysans avec ses vidéos ludiques

Vidéo publiée sur le compte Instagram "La Granja del Borrego" le 2 juillet, pour dire qu’il faut valoriser les tomates que l'on mange, en raison du travail qu'il y a derrière et des difficultés auxquelles les paysans colombiens sont régulièrement exposés.

Expliquer le travail que représente la culture des tomates, donner des conseils pour nourrir les poules ou encore pour produire du compost : c'est le type de sujets évoqués par Carlos Alberto Díaz Colmenares, un Colombien de 14 ans, dans des vidéos qu'il produit avec son grand frère Juan depuis 2020. Ils les publient notamment sur le compte Instagram "La Granja del Borrego" ("la ferme de l'agneau", en français), qui compte plus de 409 000 abonnés. Leur objectif : valoriser le travail des paysans, partager des connaissances sur le travail à la ferme et sensibiliser à la protection de l'environnement.

Contacté par notre rédaction, Carlos Alberto Díaz Colmenares indique : "À mes yeux, le plus important est de montrer que le travail à la campagne est dur, comme nous avons pu nous en rendre compte (...). Par exemple, environ trois mois après avoir semé des graines de tomates et travaillé pour qu'elles poussent, toutes nos cultures ont été abîmées par des champignons."

>> RELIRE SUR LES OBSERVATEURS : Un Colombien de 14 ans utilise les réseaux sociaux pour valoriser le travail des paysans