Au Royaume-Uni, une fresque géante de 150 000 cœurs en hommage aux victimes du Covid-19

À Londres, un mémorial de 150 000 cœurs en mémoire aux victimes du Covid-19.
À Londres, un mémorial de 150 000 cœurs en mémoire aux victimes du Covid-19. © Covid-19 Bereaved Families for Justice UK, Twitter

En mémoire aux victimes du Covid-19, une fresque murale composée de milliers de cœurs dessinés par les familles endeuillées a été érigée depuis le 29 mars, à Londres, alors que le Royaume-Uni est le pays d’Europe le plus endeuillé d’Europe par la pandémie.

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C’est un mémorial long de plusieurs dizaines de mètres pour se souvenir des victimes du Covid-19. Ce sont d’abord des bénévoles qui ont entrepris de peindre, sur le mur qui longe la Tamise, des dizaines de milliers de cœurs rouges représentant chaque victime morte du Covid-19.

Ce week-end, ils ont été rejoints par des dizaines de familles endeuillées par l’épidémie. Près de 60 000 cœurs recouvraient ainsi lundi 5 avril le mur, haut de deux mètres, situé en face du Palais de Westminster, le parlement britannique, lui donnant l’allure d’une impressionnante fresque. 

"Il s'agit de se connecter avec les familles, de réfléchir à ce qui s'est passé, au travail de mes collègues", a affirmé au Guardian, Sabrina Montgrege, 28 ans, qui travaille dans l’unité de soins intensifs de l'hôpital de Chelsea et de Westminster.

L’initiative est une idée de "The Covid-19 Bereaved Families for Justice UK", une association regroupant plusieurs familles de victimes, qui juge le gouvernement britannique responsable des milliers de morts causées par le Covid-19 pour n’avoir pas pris à temps des mesures drastiques contre l’épidémie. 

"C’est poignant et important"

Avec plus de 126 000 décès enregistrés à la date du 6 avril, le Royaume-Uni est le pays le plus touché en Europe depuis le début de la pandémie. Mais les organisateurs envisagent de peindre d’ici la fin de la semaine 150 000 cœurs sur le mémorial, rapporte le plus grand quotidien britannique. "Tout comme l’ampleur de notre perte collective, ce mémorial est énorme. Les petits cœurs de la taille d'une paume de main couvriront plus d'un demi-kilomètre d'un mur de deux mètres de haut", peut-on lire sur le site dédié au mémorial.

La fresque a attiré l’attention du public et aussi de différentes personnalités politiques comme Keir Starmer, le chef du parti travailliste qui s’est rendu sur place. Interrogé par franceinfo, Emily, une Londonienne venue dessiner elle aussi des cœurs sur le mur, pense que le mémorial aura également pour objectif de rappeler aux élus leur responsabilité. "Ils ne peuvent pas l’ignorer. C’est un emplacement stratégique parce que tous les jours quand ils viennent travailler, ils regardent par la fenêtre et c’est là ! C’est poignant et important."