Des voyageurs chinois outrés de devoir porter un badge jaune à leur arrivée en Corée du Sud

Des citoyens chinois ont pris en photo ces badges jaunes qui leur ont été donnés à leur arrivée à l’aéroport d’Incheon, début janvier.
Des citoyens chinois ont pris en photo ces badges jaunes qui leur ont été donnés à leur arrivée à l’aéroport d’Incheon, début janvier. © Weibo @shazhouyue / Video Sina

Des images montrant des touristes chinois porter un badge jaune autour du cou à leur arrivée en Corée du Sud ont suscité la polémique sur les réseaux sociaux chinois, parmi d’autres accusations de discriminations liées aux restrictions Covid-19. Ces "badges jaunes" ne sont néanmoins pas nouveaux dans le protocole de l'aéroport sud-coréen d'Incheon.

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Face à l’envolée des cas de Covid-19 en Chine, plusieurs pays ont imposé de nouveaux protocoles sanitaires et restrictions. Parmi eux, la Corée du Sud voisine a été fortement critiquée sur les réseaux sociaux chinois, et même accusée de discrimination.

En cause, le fait que le pays demande depuis début janvier un test PCR au départ et à l'arrivée pour les voyageurs en provenance de Chine. Les personnes testées positives doivent ensuite se rendre dans un centre de quarantaine. Une mesure qui ne s’applique qu’aux voyageurs en provenance de Chine. Dans un contexte où les Chinois peuvent voyager plus facilement avec la fin des restrictions dans le pays et à l’approche de la grande période de vacances du Nouvel An lunaire, le sujet fait particulièrement polémique. Mais la colère des usagers chinois s’est particulièrement accrue après la parution d’une publication qui a largement circulé sur Weibo (équivalent chinois de Twitter) à partir du 10 janvier et de plusieurs images montrant leurs compatriotes à l’aéroport d’Incheon, près de Séoul, avec un badge jaune autour du cou.

Capture d'écran partagée sur Weibo.
Capture d'écran partagée sur Weibo. © Weibo / @shazhouyue

Sur la capture d’écran, on peut voir un badge jaune dans une pochette en plastique sur lequel il est indiqué "Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies", en anglais et en coréen. Le texte accompagnant la photo stipule que "dès que vous descendez de l'avion, un badge jaune vous est remis et vous devez le porter autour du cou (...), puis l'armée coréenne vous indique le chemin pour récupérer vos bagages, pour faire le test PCR, puis la quarantaine".

D’autres images où l’on peut voir des voyageurs portant les mêmes badges jaunes autour du cou ont circulé sur Weibo, Douyin (équivalent de TikTok en Chine) et autres réseaux sociaux, blogs et médias chinois.

 

Capture d’écran d’une vidéo publiée par Weibo (Sina video). Les images datent du 10 janvier à Incheon, selon la légende en mandarin.
Capture d’écran d’une vidéo publiée par Weibo (Sina video). Les images datent du 10 janvier à Incheon, selon la légende en mandarin. © Weibo / Sina video

Le sujet a été au cœur des discussions en ligne les 10 et 11 janvier. Plusieurs citoyens chinois jugent que ces badges jaunes sont dégradants, certains allant jusqu’à les comparer à des "colliers pour chien" ou à des "plaques d’immatriculation".

Un badge pour guider les arrivants vers les zones de tests

Contacté par notre rédaction, le Centre culturel coréen à Paris, qui s’est entretenu avec l’aéroport d’Incheon, a expliqué que ces badges étaient donnés à l’arrivée à tout passager en provenance de Chine pour l’orienter vers la bonne zone de tests.

Il existe différents types de badges selon le visa des voyageurs. Le Centre culturel coréen à Paris n’était cependant pas en mesure de dire quel badge correspondait à quel statut de visa.

Certains internautes chinois ont d’ailleurs montré des badges d’autres couleurs.

Photo publiée sur Weibo. Sur ce badge, on retrouve la même inscription que sur le jaune. En légende, l'utilisateur de Weibo écrit : "Le pays le plus exigeant pour la Chine."
Photo publiée sur Weibo. Sur ce badge, on retrouve la même inscription que sur le jaune. En légende, l'utilisateur de Weibo écrit : "Le pays le plus exigeant pour la Chine." © Weibo

Toujours selon le Centre culturel coréen à Paris, cette pratique n’est pas nouvelle. D’autres témoignages antérieurs à 2023 évoquent d’ailleurs ces badges jaunes distribués à l’arrivée, comme ce récit sur le site du CSIS, un centre de recherche basé aux États-Unis, daté d’avril 2020. L’auteur explique qu’on lui a donné "un cordon avec un badge contenant une carte jaune dans une pochette en plastique qui n’était donné qu'aux étrangers".

 

Ce badge jaune n’est cependant pas le seul élément qualifié de discriminatoire par les citoyens chinois. Les conditions de vie dans les hôtels de quarantaine ou encore le prix des tests PCR en Corée du Sud ont également été critiqués.

Des images de centre de quarantaine en Corée du Sud ont par exemple circulé via comptes des citoyens chinois qui affirment faire grève pour avoir de meilleures conditions. Ici depuis l’île de Jeju, au sud du pays.
En parallèle, les citoyens chinois opposent l’accueil reçu en Corée du sud à celui qui leur est fait en Thaïlande.

En réponse, l’ambassade de Chine à Séoul a annoncé mardi 10 janvier la suspension de plusieurs visas de courte durée pour les citoyens sud-coréens. Cette mesure mise en place jusqu’au 31 janvier "sera réévaluée une fois que la Corée du Sud aura levé ses restrictions de voyage discriminatoires à l'encontre des voyageurs en provenance de Chine", détaille le communiqué.

Les États-Unis, le Japon et plusieurs pays de l’Union européenne ont également été critiqués pour avoir imposé des restrictions jugées discriminatoires aux personnes voyageant depuis la Chine.