Chine : entre confinement strict et centre d’isolement, témoignages du Hebei où le Covid-19 resurgit

Des résidents de Shijiazhuang, capitale de la province chinoise du Hebei, se font tester puis évacuer vers des centres de quarantaine.
Des résidents de Shijiazhuang, capitale de la province chinoise du Hebei, se font tester puis évacuer vers des centres de quarantaine. © Douyin
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L'apparition le 2 janvier d’un foyer de Covid-19 à Shijiazhuang, la capitale du Hebei (nord), a été suivie par la plus forte progression de cas du virus en Chine depuis cinq mois avec, officiellement, 463 infections actives et un mort au 14 janvier. Trois villes, Shijiazhuang, Xingtai et Langfang, ont été placées en confinement mais les vidéos postées sur les réseaux sociaux chinois montrent que les expériences varient d’une ville à l’autre.

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Le centre-ville de Shijiazhuang vide, le 9 janvier. Les vols et les liaisons ferroviaires ont été interrompus, ainsi que tout déplacement hors de la ville.

 

 

 

"C’est la première fois que la pandémie touche Shijiazhuang"

Da Zai, cheffe d’entreprise à Shijiazhuang, documente sur Douyin (l’équivalent en Chine de TikTok) son quotidien confiné.

Quand j’ai appris qu’il y aurait un confinement, c’était très soudain. C’est la première fois que la pandémie touche Shijiazhuang. C’était un choc mais nous étions préparés émotionnellement, étant donné ce qui s’est passé à Wuhan en 2020.

Beaucoup de gens sont allés faire des provisions dans les supermarchés, comme personne ne sait combien de temps le confinement va durer. Mais les autorités ont finalement annoncé que des personnels dédiés seraient habilités à livrer de la nourriture et que les marchés et les restaurants resteraient ouverts.

Vidéo publiée le 12 janvier sur Douyin, montrant un marché vide à Langfang, une autre ville confinée du Hebei. On y lit : "Tiens bon, Langfang"

 

Il faut qu’on passe deux tests en raison de la période d'incubation qui va d’une à deux semaines. On est appelés immeuble par immeuble avec un mégaphone, pour éviter de trop longues attentes. Je pense que des leçons ont été tirées du confinement de Wuhan.

Vidéo de Da Zai, le 12 janvier, lors de son second test.

 

Vidéo du 8 janvier, où le chef d’un commissariat montre comment un bus a été transformé en centre de test, à Shijiazhuang.

Lors du confinement de Wuhan, commencé en janvier 2020, les habitants s’étaient plaints des difficultés à se procurer des denrées fraîches et de la hausse des prix provoquée par la situation. Les autorités du Hebei ont tenté d’éviter cela : toute la province et les régions alentour ont été mobilisées pour assurer le transport de la nourriture et des produits de première nécessité. L’accès à ces biens varie cependant selon le niveau de sévérité du confinement des villes. Des volontaires se mobilisent pour aider leurs voisins, comme Da Zai :

J’ai des amis sur Douyin qui vivent aux alentours, dans des quartiers pas forcément bien équipés, qui ne disposent que de petits magasins, n’ont pas de marché aux légumes… Donc je leur achète de la nourriture, le maire ayant annoncé que des entreprises de livraison pourront travailler et la leur transporter.

Vidéo de Da Zai, publiée le 14 janvier sur Douyin, où on la voit acheter des denrées pour un de ses abonnés.

Je ne peux parler pour les autres quartiers, mais ici les prix n’ont pas augmenté. Les autorités ont dit que ça ne devait pas arriver, et que les consommateurs pouvaient se plaindre si c’était le cas.

Des villages entiers déplacés dans des centres de quarantaine

Plus de 22 millions de personnes sont désormais confinées dans le Hebei, mais toutes n’ont pas l'opportunité de passer leur quarantaine chez elles. Le 11 janvier, les médias publics chinois ont rapporté que 20 000 habitants de 12 villages, dans le district Gaocheng de Shijiazhuang, une zone à risque où la majorité des cas avaient été identifiés, avaient été évacués vers des centres de quarantaine.

Vidéo d’un média public le 11 janvier, montrant le déplacement de personnes vivant dans un district considéré comme particulièrement à risque.

 

 

Des vidéos montrent également des individus dans des combinaisons Hazmat (protégeant contre les matières dangereuses) nettoyant les rues dans le district de Gaocheng avant et après le déplacement des habitants.

Reportage de l’agence d’État Xinhua, montrant la désinfection des rues d’un village dans le district de Gaocheng.

 

 

Des centres de quarantaine sont également mis en place dans le comté de Zhengding. Ils doivent permettre de fournir 3 000 unités de logement, selon l’agence d’État Xinhua.

Vidéo de la télévision étatique CCTV montrant la construction d’un centre de quarantaine, à Shijiazhuang.

La province du Heilongjiang, frontalière de la Russie, a également vu une résurgence du Covid-19, qui a entraîné le confinement de 5,2 millions de personnes, dans la ville de Suihua, après que 16 cas y ont été rapportés.

Da Zai estime que, bien que ces mesures compliquent le quotidien, elles sont globalement bien acceptées par ses concitoyens.

Les gens comprennent que c’est nécessaire, en raison de ce qui s’est passé à Wuhan. Et nous avons aussi envie que ça se termine vite, donc il y a une volonté de faire ce qu’il faut pour cela.