Après l’éruption à Saint-Vincent, les habitants font face aux pénuries et aux risques sanitaires

À gauche, photo d'une explosion volcanique mardi 13 avril. À droite, des photos montrant des actions de solidarité pour les habitants de Saint-Vincent.
À gauche, photo d'une explosion volcanique mardi 13 avril. À droite, des photos montrant des actions de solidarité pour les habitants de Saint-Vincent. © Kathy Badenock / @windiescricket / @FLOWGrenada / Twitter

Depuis la première éruption du volcan de la Soufrière, vendredi 9 avril sur l’île de Saint-Vincent, les habitants font face à d’importantes pénuries d’eau et d’électricité. Selon l’ONU, environ 20 000 personnes ont été évacuées et la crise humanitaire pourrait durer près de six mois. 

Publicité

Dans un communiqué le 14 avril, l'ONU a annoncé être sur le point de lancer un appel pour soutenir Saint-Vincent-et-les Grenadines, où des explosions volcaniques continuent de perturber le quotidien des habitants de cette nation insulaire des Caraïbes composés de 32 îles et îlots, dont neuf sont inhabités. 

La première éruption du volcan de la Soufrière, situé au nord de l'île principale de Saint-Vincent, s'est produite le vendredi 9 avril, et a été suivie de nouvelles explosions ainsi que d'importantes retombées de cendres.

>> LIRE SUR LES OBSERVATEURS : En images : après les éruptions à Saint-Vincent, plusieurs îles des Antilles sous les cendres

Vidéo envoyée à la rédaction des Observateurs de France 24 par Kathy Badenock, habitante la ville de Layou, situé en "zone verte" sur l'île de Vincent. Les images ont été prises le 9 avril, peu après la première éruption du volcan de la Soufrière.

 

En une semaine, au moins 20 000 habitants de l'île de Saint-Vincent ont été déplacés, soit un cinquième de la population, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Pour Didier Trebucq, le coordinateur de l'ONU la Barbade et l'est des Caraïbes, cette crise va "durer certainement plus de six mois dans la sous-région à Saint-Vincent et dans d'autres îles". 

"Là où je vis, nous avons de l'eau deux fois par jour, le matin et le soir"

Kathy Badenock, habitante la ville de Layou, situé en "zone verte" sur l'île de Vincent, a envoyé des images des explosions ainsi que des retombées de cendres à la rédaction des Observateurs de France 24. Elle témoigne de la situation depuis son quartier relativement épargné par les éruptions : 

Depuis le jeudi après-midi, quand l'ordre d'évacuation a été donné pour la zone rouge, la plupart des personnes avaient commencé à faire des préparations, stocker des provisions. Le plan d'évacuation était assez complet, donc beaucoup d'habitants ont pu être évacués de la zone rouge par des bateaux notamment. Certains sont dans les centres gérés par le gouvernement, d'autres ont préféré se rendre chez des amis ou des parents.

Pour ma part, j'ai réalisé que certains membres de ma famille avaient des problèmes respiratoires. Dans l'anticipation des problèmes qui peuvent survenir avec les retombées de cendres, je les ai envoyés aux Grenadines. 

Nous subissons des pénuries d'eau, même si notre Autorité centrale des eaux et des égouts fait de son mieux pour maintenir un certain niveau d'approvisionnement en eau et pour restaurer la distribution d'eau.

Là où je vis, nous avons de l'eau deux fois par jour, le matin et le soir. Dans certains endroits, où l'eau courante n'a pas été rétablie, l'Autorité centrale des eaux et des égouts, avec l'aide de la Croix-Rouge, achemine de l'eau. Ce problème va durer des mois. Nous avons aussi des coupures de courant. Ça vient et ça part. 

Certains habitants se sont abrités chez des proches. Selon cette association, certaines maisons accueillent jusqu'à 45 personnes. 

 

Ce membre de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge explique que des milliers de personnes n'avaient pas pu prendre de douche mardi 13 avril.

 

Encore mardi matin, j'ai pu entendre une nouvelle forte explosion de chez moi. Il y a de la cendre partout dehors. Sur le long terme, cela profitera à l'agriculture, les cendres aident à fertiliser les cultures. À court terme, d'un point de vue de la santé, il faut éviter de recevoir de la cendre dans les yeux, ce qui peut affecter la vue, ou d'en inhaler.

Ce sont les habitants des quartiers en zone rouge qui souffrent le plus. Il y a encore plus de cendres et certains endroits ont été complètement détruits. 

Les gens s'enferment autant que possible à l'intérieur. Nous essayons de rester en sécurité, de rester positifs, de voir comment nous pouvons aider.

Photo de l'explosion du volcan de la Soufrière mardi 13 avril au matin.
Photo de l'explosion du volcan de la Soufrière mardi 13 avril au matin. © Kathy Badenock

Des initiatives de solidarité pour acheminer de l'eau

Toujours selon le rapport de l'ONU, près de 4 000 déplacés sont actuellement hébergés dans 87 abris, mais de nombreuses installations manquent de services de base tels que l'eau potable.

Cet internaute liste les actions de solidarité pour aider Saint-Vincent et les Grenadines.

 

Partout dans la région des Caraïbes, des initiatives se mettent en place pour aider les habitants des quartiers sinistrés de Saint-Vincent. Sur les réseaux sociaux, des associations, des clubs de sport ou des entreprises ont témoigné de leur participation à cet élan de solidarité avec notamment l'acheminement d'eau. 

C'est la première fois depuis 1979 que la Soufrière entre en éruption. À cette époque, aucune victime n'avait été à déplorer. L'éruption la plus dévastatrice s'est produite en 1902 et a fait plus de 1 000 morts.