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Ces images de militaires qui font cours à des enfants ne sont pas prises en Guinée mais au Cameroun

Ces images de militaires donnant cours à des enfants a été partagée comme se passant en Guinée, après le coup d'État. En réalité, elles ont été prises au Cameroun.
Ces images de militaires donnant cours à des enfants a été partagée comme se passant en Guinée, après le coup d'État. En réalité, elles ont été prises au Cameroun. © Observateurs

Trois photos de militaires armés, donnant cours à une classe d’enfants, circulent depuis le 13 septembre, et sont présentées comme une des conséquences du coup d’État en Guinée, mené huit jours plus tôt à Conakry par des militaires qui ont arrêté le président Alpha Condé. Mais ces images ont été prises au Cameroun. 

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Depuis le 13 septembre, ces trois photos où l’on peut voir un militaire faire la classe à une vingtaine d’enfants ont été partagées des dizaines de fois sur Facebook, et présentées comme une preuve d’un changement dans les écoles de Guinée. 

“Le chef du coup d’État déploie des militaires hommes et femmes dans des écoles qui ont été abandonnées par les enseignants pour enseigner”, “Bienvenue en Guinée Conakry”, disent certaines de ces publications. 

Capture d’écran d’une publication Facebook du 12 septembre, partagée plusieurs dizaines de fois, liant les photos à la situation actuelle en Guinée.
Capture d’écran d’une publication Facebook du 12 septembre, partagée plusieurs dizaines de fois, liant les photos à la situation actuelle en Guinée. © Facebook

On retrouve ces photos associées à la situation politique en Guinée sur plusieurs sites d’informations comme sur le site en anglais NaijaOnPoint ou sur Afrikbuzz avec un article en français.

Mais si le coup d’État en Guinée-Conakry a bien été mené par des militaires, ces photos ont été prises au Cameroun anglophone, plus précisément dans le village de Bafai, dans l’arrondissement de Muyuka, au sud-ouest du pays. Grâce à une recherche d’image inversée (voir ici comment procéder), on retrouve rapidement des publications mentionnant le Cameroun et non la Guinée. 

Plus particulièrement, sur le compte Twitter “Honneur et Fidélité - Armée Camerounaise”, compte non-officiel de l’armée, on retrouve les photos publiées dans un tweet du 10 septembre, qui précise que ce sont plusieurs soldats du BIR, le Bataillon d’Intervention Rapide, qui ont dû faire classe, les élèves n’ayant plus de maîtres. 

De fait, le cours est dispensé en anglais, comme on peut le lire sur le tableau dans la classe. De plus, on peut voir en comparant les photos en question et plusieurs images de soldats du BIR dans la presse comme sur Actu Cameroun ou TV5 Monde, que les casques et uniformes sont similaires.

Comparaison de la photo du militaire donnant classe à des enfants, à gauche, et de photos des Bataillon d’Intervention Rapide camerounais, à droite, en haut et en bas. Les uniformes, les casques, les armes, les vestes noires, sont similaires.
Comparaison de la photo du militaire donnant classe à des enfants, à gauche, et de photos des Bataillon d’Intervention Rapide camerounais, à droite, en haut et en bas. Les uniformes, les casques, les armes, les vestes noires, sont similaires. © Observateurs

Le Bataillon d’Intervention Rapide, créé pour lutter contre le grand banditisme en zone de forêt et surveiller les frontières, est une unité d’élite de forces spéciales de l’armée camerounaise.

La région de Muyuka, située dans la partie anglophone du pays dans le sud-ouest, est à l’épicentre d’une guerre civile entre séparatistes armés, réclamant l’indépendance, et l’armée nationale camerounaise. Les exactions perpétrées par les deux camps n’épargnent pas les civils, dont les enseignants des écoles publiques, qui sont nombreux à avoir quitté la région.

Pour plus de vérifications d’images, consultez notre compte Twitter @InfoIntoxF24.