Tchad : non, cette vidéo ne montre pas le convoi transportant le président Idriss Déby à l’hôpital

Cette vidéo ne peut pas montrer le convoi ayant transporté le président tchadien à l'hôpital, car elle date d'au moins plusieurs semaines.
Cette vidéo ne peut pas montrer le convoi ayant transporté le président tchadien à l'hôpital, car elle date d'au moins plusieurs semaines. © Observateurs

Une publication sur Twitter datant du 20 avril prétend montrer un groupe de véhicules assurant le transport du président du Tchad Idriss Déby après que celui-ci a été blessé mortellement au front, vers un hôpital de la capitale N’djamena. Mais la vidéo avait déjà été partagée au mois de mars.

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Après 30 ans à la tête du Tchad, Idriss Déby Itno est mort mardi 20 avril, des suites de blessures reçues au front. Son décès a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, parmi lesquelles celle publiée sur Twitter par le compte Chris Yapi, qui se présente comme un "enquêteur" au "franc-parler".

Son tweet s’accompagne d’une vidéo sur laquelle on voit défiler une quarantaine de voitures. Il présente la séquence comme une "vidéo reçue depuis N’Djamena du convoi transportant Idriss Deby à l’hôpital d’urgence." Sauf que cette légende est trompeuse. 

Pourquoi c’est faux

À l’aide d’une recherche d’image inversée (voir ici comment procéder), on s’aperçoit que la vidéo remonte au moins au 1er mars. Elle avait alors été partagée sur la chaîne YouTube de LVIK TV, une web télé ivoirienne très critique des pouvoirs africains. Une façon de dénoncer l’ampleur du cortège présidentiel transportant Idriss Déby lors de ses déplacements, d’après les commentaires postés sous la vidéo.

Mais la publication YouTube ne comporte aucune autre indication au sujet de l’origine de la vidéo, ou la date et le lieu de tournage. Toutes les autres occurrences de cette vidéo mènent à des comptes YouTube ayant relayé la même fausse information, par exemple ici ou ici. Il n’est pas possible d’établir où et quand ces images ont été prises. 

Le 1er mars, le principal opposant à Idriss Déby, Saleh Kebzabo, avait retiré sa candidature à l’élection présidentielle, en accusant le président sortant d'intimider ses concurrents par l'usage de la force. Idriss Déby avait remporté le scrutin du 11 avril avec une large avance (79,32 % des suffrages exprimés) et entamé un sixième mandat.

Quelques jours à peine après sa réélection, il a été blessé sur le front, où il s’était rendu pour soutenir l’armée tchadienne, face à l’offensive menée par des rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT).