Marée noire sur des plages d’Israël : “Sans la mobilisation populaire, le désastre aurait été plus grand”

De nombreux volontaires s’activent pour nettoyer des plages dans le sud d'Israël polluées par d’importantes quantités de mazout déversées dans la mer par un navire non encore identifié.
De nombreux volontaires s’activent pour nettoyer des plages dans le sud d'Israël polluées par d’importantes quantités de mazout déversées dans la mer par un navire non encore identifié. © Twitter/Bar Peleg

Depuis vendredi 19 février, de nombreux volontaires s’activent pour nettoyer des plages dans le sud d'Israël polluées par d’importantes quantités de mazout déversées dans la mer par un navire non encore identifié. Selon plusieurs ONG, c’est la plus grande catastrophe écologique de l’histoire du pays depuis des décennies. 

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Plages noircies, tortues sans vie...Sur Twitter, plusieurs images témoignent des nombreux dégâts causés par la marée noire qui touche les côtes méditerranéennes d'Israël. 

Un navire encore non identifié par les autorités aurait déversé le 11 février d’importantes quantités de mazout dans la mer, menaçant ainsi la faune marine. Mais c’est la découverte vendredi du cadavre en putréfaction d’un rorqual commun, une espèce de baleine, et de plusieurs tâches noires sur une plage, qui a alerté les populations. 

Selon Haaretz, un des plus grands quotidiens du pays, la pollution est visible sur 170 km, soit 40% du littoral du pays, depuis Rosh Hanikra jusqu’à la ville Ashkelon près de la bande Gaza, touchant ainsi la réserve naturelle de Nitzanim. C’est la plus grande catastrophe écologique en Israël depuis plusieurs décennies. 

"Les dégâts sur les côtes israéliennes sont vraiment graves"

Des milliers de bénévoles, dont Bar Peleg, un journaliste pour Haaretz, se sont donc mobilisés pour tenter de nettoyer avec des moyens de fortune les plages.

Bar Peleg
Journaliste
Tel-Aviv, Israël

Tous les jours, des dizaines d’animaux trouvent la mort :  des tortues de mer, des mouettes, des crabes et bien d'autres.

Les dégâts sur les côtes israéliennes sont vraiment graves. Il y a de grandes traces de mazout et aussi de très petites qui ressemblent à du sable ou à de petites roches. Cela rend le nettoyage très difficile. 

 

 

La mobilisation est très importante ici. Chaque jour des centaines de personnes s’organisent pour nettoyer les plages. Il y a des gens ordinaires, des membres de l’armée et de la police et aussi des agents de l’État qui viennent. Aujourd’hui, je suis allé sur la plage de Poleg près de la ville de Netanya pour donner un coup de main. Nous serons encore plus nombreux, le week-end. 

Sans la mobilisation populaire, le désastre aurait été plus grand. Le nettoyage va prendre certainement plusieurs mois.  Nous pourrons alors évaluer l’impact de cette catastrophe sur le long terme. 

L’Autorité de la nature et des parcs (INPA) s’inquiète également des rochers qu’on retrouve sur les côtes et qui servent d’habitat pour un grand nombre d’espèces marines. 

Dans un communiqué le 21 février, le gouvernement a appelé les populations “à ne pas se rendre à la plage pour s’y baigner ou y faire du sport” et vient de mobiliser 11,5 millions d’euros pour faire face à la catastrophe écologique. 

Une enquête est en cours pour identifier le navire responsable de la pollution. Mais la marée noire a déjà atteint les plages libanaises, notamment la réserve côtière de Tyr dans le sud du Liban, comme l’indique L’Orient-Le Jour, l’un des principaux quotidiens du pays.

>> A voir également sur France 24 : Marée noire en Israël, le littoral lourdement touché, le nettoyage est en cours