LIGNE DIRECTE

Surpêche : comment les navires chinois s'implantent dans les ports d'Afrique de l'Ouest

Dans le port d'Abidjan, 55 des 80 bateaux de pêche sont détenus par des sociétés mixtes, dirigées par des ressortissants chinois.
Dans le port d'Abidjan, 55 des 80 bateaux de pêche sont détenus par des sociétés mixtes, dirigées par des ressortissants chinois. © France 24

Les pratiques de pêche de certaines flottes chinoises à travers le monde sont pointées du doigt pour leur nocivité et leur manque de transparence. Nous avons enquêté avec nos Observateurs sur ce phénomène qui se produit des îles Galapagos à l'Iran, en passant par l'Afrique. Direction le port de pêche d'Abidjan, où plusieurs entreprises étrangères, notamment chinoises, pratiquent une pêche industrielle jugée non durable par nos Observateurs. 

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Les eaux poissonneuses de l'Afrique de l'Ouest sont depuis plusieurs années un lieu de pêche prisé des armateurs étrangers, qui y trouvent de bons rendements. Parmi eux, des grands thoniers français ou espagnols, qui pêchent au large, mais aussi et surtout des chalutiers, principalement chinois. 

Ces derniers ciblent les espèces qui sont au cœur du régime alimentaire des populations locales : les petits pélagiques comme le poisson capitaine et bien d'autres. 

C'est ce que nous montrons dans la deuxième partie de notre dernier numéro de "Ligne directe" : 

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Au port d'Abidjan, des marins-pêcheurs ivoiriens embauchés à bord de ces chalutiers, dénoncent les pratiques de leurs employeurs : surpêche, non-respect des périodes de repos biologique et capture d'alevins, c'est-à-dire de poissons bien trop jeunes, qui mettent en danger le renouvellement des stocks. Ils dénoncent également des conditions de travail très difficiles et des manquements à la réglementation, détaillée dans le code maritime ivoirien. 

Dans cette enquête, nous avons pu confirmer que certains de ces navires n'activent par leur système d'identification automatique, une balise de localisation pourtant obligatoire compte tenu de leur taille. 

Pour nos Observateurs, des pêcheurs ivoiriens et sénégalais, ces pratiques destructrices et non-transparentes mettent en danger la sécurité alimentaire des populations et tout le système économique de la pêche. Car les pêcheurs artisanaux voient leurs prises diminuer et, avec elles, leurs revenus.

Certains, sans solution de repli, décident alors de tenter une dernière sortie en mer, cette fois sur les dangereuses routes migratoires, destination l'Europe. 

Retrouvez notre enquête complète ci-dessous :