ALGÉRIE

"Refoulements" de migrants en Algérie : "La direction, c'est le désert"

Dans notre dernière émission, Jacques (pseudonyme), explique comment se déroule les "refoulements" de migrants depuis l'Algérie. Capture d'écran.
Dans notre dernière émission, Jacques (pseudonyme), explique comment se déroule les "refoulements" de migrants depuis l'Algérie. Capture d'écran.

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Des images transmises à la rédaction des Observateurs témoignent d'une nouvelle vague de "refoulement" de migrants depuis le début du mois de septembre en Algérie. Chaque fois, les personnes arrêtées sont placées en rétention, puis acheminées par bus ou par camion à la frontière avec le Niger, en plein désert. Dans notre dernière émission, Jacques (pseudonyme), un Camerounais installé depuis plusieurs années à Oran, dénonce ces arrestations.

Ces dernières semaines, des opérations d’arrestation de migrants ont été observées à Oran mais également à Tlemcen, Alger, Blida, Boumerdès, Tipaza, Zeralda, Sétif et Annaba, comme le précise un rapport d’Human Rights Watch (HRW) daté du 9 octobre. Les migrants sont appréhendés chez eux, dans les rues, ou sur leur lieu de travail.

HRW estime que l'Algérie a ainsi expulsé plus de 3 400 migrants d'au moins 20 nationalités différentes vers le Niger, dont 430 enfants et 240 femmes, depuis le début du mois de septembre. Selon l'ONG, cela porte le nombre d’expulsions sommaires vers le Niger à plus de 16 000 en 2020, dont un peu plus de la moitié concernent des Nigériens.

Jacques explique dans notre émission comment s'organise les "refoulements" : 

 

Les arrestations de ces derniers temps se sont passées vers fin septembre et début octobre. Ils [les forces de l'ordre, NDLR] défoncent la porte, ils prennent tout le monde, ils vous mettent dans des autocars. Puis, on vous emmène dans le camp de "refoulement". Les conditions y sont invivables. Il y a des souris, de l'eau partout, c'est sale. (...) Et s'il n'y a personne pour vous ramener vos papiers au camp de "refoulement", ils vous virent dans le désert. Tout ce monde n'appartient pas à une seule nationalité. Il y a des Guinéens, des Maliens, des Sénégalais, des Camerounais, des Ivoiriens, des Nigérians, des Sierra-Léonais, des Libériens. Mais, la direction de tous ces gens, c'est le désert. 

>> Voir ci-dessous notre émission et la suite du témoignage de Jacques : 

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