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Info ou Intox : au Brésil, désinformation autour des incendies

Captures d'écran de deux vidéos publiées en juin et en septembre sur les réseaux sociaux brésiliens.
Captures d'écran de deux vidéos publiées en juin et en septembre sur les réseaux sociaux brésiliens.
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Face à la recrudescence des feux de forêt au Brésil ces derniers mois, la politique environnementale du gouvernement brésilien est à nouveau critiquée, tandis que le président crie à la déformation. Sur les réseaux sociaux, des publications trompeuses donnent également du grain à moudre à ses partisans. Dans cet épisode d'Info ou Intox, nous revenons sur deux vidéos qui ont circulé en juin et en septembre pour accuser des "brigadistes" d'être responsables de certains incendies en Amazonie et dans le Pantanal, dans le sud-ouest du pays.

Les feux au cœur des polémiques... et de l'intox

Au Brésil, le nombre de feux de forêt a augmenté de 61 % en septembre par rapport au même mois de l'année dernière en Amazonie brésilienne. Les satellites de l’Institut national de recherches spatiales (Inpe) y ont identifié 32 017 foyers d’incendie le mois dernier, contre 19 925 en septembre 2019. Plus au sud, dans le Pantanal, les incendies ont battu tous les records : avec 8 106 foyers, septembre 2020 est de très loin le pire mois depuis que ces statistiques ont commencé à être dressées par l’INPE, en 1998. Dus en partie à une sécheresse exceptionnelle, ces incendies ont ravagé près de 23 % de ce sanctuaire de biodiversité.

>> LIRE AUSSI SUR LES OBSERVATEURS : Brésil : dans le Pantanal ravagé par le feu, des volontaires au secours des animaux blessés

Début septembre, plusieurs ONG ont lancé une campagne pour dénoncer la politique environnementale du président brésilien. Intitulée "DefundBolsonaro", elle a pour slogan : "Bolsonaro met le feu à l'Amazonie. Encore. De quel côté êtes-vous ?" La campagne appelle à faire dépendre tout investissement au Brésil d'engagements fermes pour la préservation de la forêt amazonienne.

Face aux critiques, le président brésilien a fustigé le 3 septembre des campagnes "orchestrées" qui l'accusent de "mettre le feu à l'Amazonie" et a comparé les ONG à un "cancer". Un peu plus tard, le 22 septembre, Jair Bolsonaro a dénoncé une "campagne de désinformation" et a accusé les fermiers indigènes d'être responsables de certains départs de feux. Le 30 septembre, il est allé encore plus loin en accusant des "ONG" de commettre des "crimes environnementaux" au Brésil.

Et sur les réseaux sociaux, ce discours est également présent : le 21 septembre, le média brésilien de vérification Aos Fatos expliquait avoir vérifié six contenus en lien avec les incendies en l'espace de dix jours. Ces contenus ont en commun, selon le média, d'attribuer les feux à trois cibles "connues" : "les peuples indigènes, les écologistes et les ONG".

Pourtant, pour l'heure, dans le Pantanal, la police fédérale concentre ses investigations autour de quatre propriétaires d'exploitations agricoles soupçonnés d'avoir mis le feu à la végétation pour la transformer en zone de pâturage. 

Aos Fatos a également repéré fin septembre une publication trompeuse publiée par le Secrétariat de la communication sociale de la présidence (Secom). La publication, datée du 26 septembre, est accompagnée d'une infographie et de chiffres comparant les surfaces brûlées au Brésil entre 2003 et 2020. En légende, il est écrit : "la surface brûlée sur tout le territoire national est la plus faible depuis 18 ans". Or, les chiffres concernant l'année 2020 ne sont pris qu'entre janvier et août, contrairement aux années précédentes pour lesquelles le calcul est fait sur 12 mois.

>> Voir ci-dessous l'intervention de Maëva Poulet, journaliste à la rédaction des Observateurs de France 24 :

En 2019, les feux au Brésil avaient suscité de nombreuses réactions et, sur les réseaux sociaux, des images anciennes ou montrant des incendies dans d'autres pays, avaient été partagées. À l'inverse des cas de désinformation visant à minimiser ou trouver des responsables aux incendies, ces publications avaient pour but d'alerter sur la situation en Amazonie. Or, l'utilisation de fausses images pour faire valoir une cause a souvent des conséquences sur la crédibilité du message.

>> LIRE AUSSI SUR LES OBSERVATEURS : Sous le hashtag #PrayForAmazonia, des photos (parfois) anciennes ou d'autres pays

Vous aussi, vous pouvez alerter la rédaction des Observateurs de France 24 (@InfoIntoxF24) pour signaler un contenu qui vous semble douteux. Vous pouvez également consulter notre guide de vérification

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