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Intox/Guinée

Non, ces images de routes dans un état désastreux n’ont pas été prises en Guinée

Ces images montrent-elles réellement des routes délabrées en Guinée ? Attention à l'intox.
Ces images montrent-elles réellement des routes délabrées en Guinée ? Attention à l'intox.
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En Guinée, alors que la campagne électorale pour l'élection présidentielle du 18 octobre bat son plein, la thématique de la mauvaise qualité des routes dans le pays a refait surface sur les réseaux sociaux. Plusieurs images montrant des routes défectueuses et boueuses ont été partagées sur Facebook ces derniers jours. Tandis que d'autres prétendent montrer des partisans de Cellou Dalein Diallo, candidat contre le président sortant Alpha Condé, détruire les infrastructures routières construites par l'État. Problème : ces illustrations n'ont pas du tout été prises en Guinée.

 

Destruction d'une autoroute par des partisans de l'opposition ?

La photo ci-dessous publiée le 1er octobre sur la page Tout pour la Guinée, proche du parti au pouvoir et partagée près de 300 fois, montre un homme assisté d'une dizaine de personnes détruire à la pioche une route.

En légende, l'auteur de la publication s'étonne de "la violence de la part du parti d'opposition Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)". Il explique que ce sont des émissaires envoyés par l'opposant Cellou Dalein Diallo, le leader de ce parti et candidat à la présidentielle, "pour détruire les routes faites par le président sortant Alpha Condé en Moyenne-Guinée, comme pour dire qu'ils sont prêts pour mettre le pays à terre."

 

Pourquoi c'est faux

Ces allégations sont fausses. L'image en question n'a pas été prise en Guinée. Une recherche d'image inversée sur Google (voir ici comment faire) permet de retrouver le contexte réel de cette photo, prise le 22 septembre en Afrique du Sud lors d'une manifestation dans la province du Kwazulu-Natal contre le manque d'eau potable et l'accès à l'électricité. Selon le Sunday Times, certains contestataires ont bloqué la route provinciale R33 et détruit dans leur colère l'infrastructure routière à coup de pioche.

 

Quid de la route de Kankan ?

Il n'y a pas que les partisans du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir, qui font usage d'images sorties de leur contexte pour discréditer le camp adverse. Du côté de l'opposition également, les images peuvent être instrumentalisées pour critiquer le bilan du pouvoir en matière d'infrastructures. 

Comme ces clichés ci-dessous qui ont refait surface sur Facebook début septembre et ont été partagés sur plusieurs comptes proches de l'UFDG. Elles prétendent montrer l'état impraticable de la route Kankan-Kerouané dans la Haute-Guinée.

Mais grâce à l'outil recherche d'image inversée de Google, on peut remonter aux premières occurrences de ces photos publiées en avril par plusieurs comptes congolais. Selon ces différentes publications, les images montrent l'état de délabrement avancé de la route Kasaji-Dilolo, dans la province du Lualaba, dans le sud de la République démocratique du Congo.

 

Plus de la moitié des routes en Guinée sont en mauvais état

Toutefois en Guinée, la qualité des infrastructures routières fait l'objet de manière récurrente de plaintes des usagers. En l'occurrence, l'axe Kankan-Mandiana, l'un des plus pratiqués du pays. Stratégique pour l'économie guinéenne, il permet l'acheminement des ressources minières comme la bauxite ou le fer exploité dans les mines du Simandou. 

Mais la route en terre rouge est souvent presque impraticable notamment en saison pluvieuse. Les militants du parti au pouvoir en ont d'ailleurs fait les frais le 23 septembre et ont dû rouler avec leurs motos sur une piste boueuse comme on peut le voir dans cette vidéo.

Quelques jours plus tôt, comme le rapporte GuinéeMatin, c'est une autre délégation du parti au pouvoir qui n'avait pas pu se rendre au lancement de la campagne électorale dans la ville de Kankan en raison également du mauvais état de la route.

En 2017, l'Association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI) avait entamé une campagne numérique de dénonciation de l'état des routes. Le ministère des Travaux publics avait alors expliqué que 50,53 % des routes nationales revêtues, soit 1 245 km, et 64 % des routes nationales en terre, soit 33 371 km, étaient en mauvais état.

>> À lire aussi : Des Guinéens montrent l'état de leurs routes pour lancer l'alerte

 

Article écrit par Hermann Boko @HermannBoko

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