Le week-end du 20 septembre, des étudiants de plusieurs universités chinoises ont manifesté aux fenêtres de leur dortoir contre le confinement imposé à leur campus, alors qu'aucun cas de Covid-19 n'avait été établi. Ils en ont profité pour ajouter quelques revendications sur leur quotidien… et certains ont été entendus.  

La Chine n'a, officiellement, plus que 184 cas actifs de Covid-19, et la plupart des nouveaux cas recensés viennent de l'étranger. Mais le 13 août, le ministère de l'Éducation a annoncé que les universités reprenant les cours en septembre devaient le faire sur des campus fermés, d'où les étudiants ne pourraient pas sortir. À leur retour, des étudiants n'ont pas apprécié, pas plus que la mise en pratique de ces mesures, certaines universités ayant supprimé les huit jours de vacances pour la fête nationale chinoise et le festival de la mi-automne, notamment à Xi'an, Guangzhou et Qingdao.
 

À Xi'an, les étudiants crient pour demander le "déblocage" du campus
 


 
Au début de la semaine du 21 septembre, plusieurs manifestations ont eu lieu sur le campus de l'université de Xi'an. Elle ont été filmées et postées sur Weibo, l'équivalent chinois de Twitter et relayées notamment par le site chinois Vortex Media. On y voit et entend des étudiants cirer à leur fenêtre, à l'université d'étude internationales de Xi'an, le soir du 20 septembre. Selon Vortex, ils ont protesté pendant 30 minutes contre leur confinement dans le campus, mais aussi la hausse des prix des services sur le campus. Un étudiant interrogé par Vortex explique : "Les canaux de communication normaux ont peu d'effet, donc nous avons choisi d'exprimer nos demandes de cette manière radicale". 
 
Manifestation aux fenêtres de l'université de Xi'an, le 20 septembre.

Le lendemain, des étudiants de l'institut de traduction de la même ville ont eux scandé : "Débloquez !" à leurs fenêtres, vers 22 h. D'autres doléances étaient également portées par certains étudiants, comme le relate Ming De Media, comme les horaires d'ouverture sporadiques du supermarché du campus, la qualité de la nourriture vendue ou l'état des toilettes.
Des étudiants de l'institut de traduction de Xi'an criant "débloquez !" depuis leurs fenêtres. 
 
 
"Cinq appels, pas un de moins !"

D'autres étudiants ont manifesté : dans une université de Dongguan, certains ont même osé reprendre un slogan des militants prodémocratie de Hong Kong : "Cinq appels, pas un de moins !" (en référence à la loi sur les extraditions), pour demander des élections démocratiques de leurs représentants, et plus de transparence sur la gestion des mesures de confinement décrétées sur leur campus. Le hashtag en référence à Hong Kong a été censuré sur Weibo, un équivalent chinois de Twitter.

Des étudiatns écrivent le slogan "cinq appels, pas un de moins !" sur des murs de l'unviersité de Dongguan.
 

Une université fait des concessions
 
Le 21 septembre, au lendemain des manifestations de ses étudiants, l'université des études internationales de Xi'an a déclaré qu'elle allait simplifier les procédures de sortie du campus, accroître les heures de dîner et de lessive et veiller à la stabilité des prix sur le campus.   

Le 18 septembre, quelques jour avant les manifestations, le ministère de l'Éducation avait publié une lettre rappelant aux universités la nécessité d'adopter une "approche simplifiée envers les confinements et de prendre en compte les opinions des étudiants et des personnels sur le management de l'école".

Sur Weibo, le 21 septembre, le blogueur spécialisé Geng Xiangshun avait écrit que si les intentions derrières ces confinements étaient bonnes, "des confinements sur le long terme affecterait tous les aspects de la vie étudiante, notamment la recherche d'emplois et la socialisation".