Depuis le 2 septembre, le royaume de Bahreïn enregistre une hausse considérable du nombre de personne atteintes du Covid-19. Notre Observateur impute cette hausse au non-respect des gestes barrières lors des rassemblements religieux de l’Achoura, fin août. Cette nouvelle vague de propagation dans ce petit royaume du Golfe engendre une ruée vers les centres de dépistage mobiles. 

Entre le 2 et le 16 septembre, le nombre de cas détectés par jour est passé d’environ 350 à plus de 800.
Au 16 septembre, le royaume comptait 6824 cas positifs, selon le ministère de la Santé. 




Cette courbe du nombre de personnes atteintes de Covid-19 au Bahreïn depuis le début de l’épidémie montre clairement une hausse subite des cas depuis le début du mois de septembre.


Conséquence, la crainte a gagné les cityoyens et les résidents qui se sont rués sur les centres mobiles de dépistage, les tests dans le seul centre permanent de dépistage du pays étant sur rendez-vous. Sur ces images publiées sur Twitter, on voit des longues files d’attente devant deux centres mobiles de dépistage.

‘’La distanciation sociale n’est pas respectée, devant le centre de dépistage mobile installé au Nadi El Ittihad (à Manama)’’ s’inquiète cet internaute bahreïni sur cette image publiée sur Twitter le 13 septembre montrant deux longues files d’attentes.

Dans cette vidéo publiée sur twitter le 5 septembre 2020, on voit une longue file d'attente de femmes devant un centre de dépistage mobile dans la région de Barbar, à l'ouest de la capitale Manama.

 

‘’On ne respecte pas les gestes barrières dans les fêtes religieuses’’

Mossaab Echeikh, 39 ans, est journaliste et militant.
 
Beaucoup de cas sont dus à la violation de la décision des autorités sanitaires d’interdiction de toutes les festivités liées a la commémoration de l’Achoura [une fête religieuse prisée par la communauté chiite qui marque l’assassinat de l’Imam Hussein Ibn Ali à Karbala en 680, l’un des petits-fils de Mahomet et l’une des figures saintes du courant chiite] [une majorité de la population bahreïnie esrt chiite, 62 % selon une estimation du Washington institute, NDLR]

Il y a eu un grand respect de confinement, notamment grâce aux amendes imposées par l’État. Cependant, le problème se pose dans les rassemblements familiaux : malgré l’interdiction de tout type de rassemblement, j’ai remarqué qu’on ne respecte pas les gestes barrières au cours de petites fêtes de mariages. Les gens ne se saluent pas avec les mains et ne s’embrassent pas, mais c’est insuffisant, puisqu’ils ne portent pas de masques. Un de mes collègues m’a ainsi dit qu’un de ses proches, âgé d’un peu plus de 40 ans et souffrant d’une maladie chronique, est décédé après avoir attrapé le coronavirus au cours d’un rassemblement familial, et des membres de sa famille sont atteints du Covid-19 actuellement. Je pense que la responsabilité est commune concernant la propagation de l’épidémie au cours de ces dernières semaines.
 

‘’Le village de Karkazane (sud-ouest de Manama) fête la deuxième soirée du mois saint de muharram (dans le cadre des festivités de l’Achoura qui s’étendent sur les dix premiers jours du mois). Les gens ont montré leur discipline (en respectant les gestes barrières) ...'' assure cet internaute sur cette photo publiée sur twitter le 21 aout 2020.
Le Bahreïn avait enregistré, au 16 septembre, 62 484 cas confirmés dont 216 décès depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Face à l’augmentation du nombre de cas positifs, les autorités sanitaires ont décidé, le 17 septembre, de reporter au 4 octobre la rentrée au travail du personnel administratif et du corps enseignant dans les établissements scolaires publics. L’intediction de services sur place dans les cafés et les restaurants a été prolongée jusqu’au 24 octobre 2020.

Article rédigé par Omar Tiss.