Une vidéo publiée début juillet sur Facebook, et partagée des milliers de fois, montre un mouvement d’humeur autour d’un corps posé dans un cercueil à l’hôpital Tergal du district de Nylon à Douala. On y voit des personnes accuser le personnel médical d’avoir mutilé le corps du défunt afin d’en extraire des organes. Des accusations graves qui ont été exagérées sur les réseaux sociaux : démenties par le directeur de l’hôpital, la famille du défunt s’est excusée du "mouvement involontaire".

La légende qui accompagne la vidéo publiée le 5 juillet et partagée près de 5 000 fois sur Facebook suggère que le défunt "souffrait d’une autre pathologique. Mais que les médecins l’ont achevé et déclaré mort par le Covid-19." Le post affirme également que les parents du défunt, pas convaincus des conclusions des médecins, ont découvert "un corps éventré" après avoir ouvert le cercueil. "Tous les intestins ont été retirés par le personnel de l’hôpital".

La publication, effectuée par un internaute congolais, se base en effet sur la vidéo dans laquelle on peut entendre la personne qui filme scander en français : "c’est le corona, c’est le corona". "Où sont les intestins de mon grand-frère !?", pendant que d’autres personnes se bousculent autour du défunt. Toutefois, la vidéo ne montre pas les parties supposées mutilées, le corps étant couché sur le ventre.



La direction de l’hôpital dément un trafic d’organe

Selon, le média en ligne, Actu Cameroun, la scène s’est déroulée dans l’après-midi du 2 juillet devant la morgue de l’hôpital du district de Nylon à Douala, la capitale économique du Cameroun. Face à la polémique suscitée par cette vidéo sur les réseaux sociaux, les responsables de l’hôpital ont rejeté les accusations de trafic d’organes humains.

Dans un communiqué daté du 4 juillet, et qu’on peut également retrouver sur les réseaux sociaux, l’hôpital confirme qu’il y a eu "un mouvement de foule partant de la morgue, déclenché par des personnes assistant à une levée de corps et qui prétendaient que le corps du défunt aurait subi des mutilations". Mais un examen du corps "effectué en présence de l’équipe de direction de l’Hôpital, des responsables de la famille concernée ainsi que des forces de l’ordre" a permis de constater "séance tenante l’absence de toute anomalie suspecte".

Des excuses de la famille du défunt

Après la diffusion de ces informations, les membres de la famille du défunt ont présenté "des excuses verbales et écrites" au personnel de l’hôpital, affirme le communiqué. Il n’y est cependant pas précisé de quoi l’homme est mort.

Dans un reportage de la chaîne de télévision camerounaise LTM, Boniface Foko Tchinda, un représentant de la famille, explique que le mouvement d’humeur était dû au fait que du sang avait été "retrouvé sur le corps du défunt. Mais le corps n’a pas été éventré." "La famille vient auprès du Directeur de l’hôpital Tergal par cette note, demander les excuses à l’endroit de ce mouvement involontaire", a également écrit, le représentant de la famille dans la lettre d’excuses dont une copie circule sur Facebook.


Au Cameroun, les morgues des hôpitaux sont régulièrement accusées de trafic d’organes humains. En août 2012, une vague de dénonciations avait secoué le secteur de la santé après qu’une famille a surpris une personne en train d'arracher des cheveux et des ongles à leur fils mort, à la morgue de l'hôpital Laquintinie de Douala.

De nombreuses intox circulent autour du Covid-19, auxquels les internautes développent des théories complotistes pour nier sa réalité. Retrouvez nos articles à ce sujet dans la rubrique "Intox".

Article écrit par Hermann Boko @HermannBoko