La vidéo d’une infirmière arrêtée par la police le 16 juin lors de la manifestation du personnel soignant à Paris a suscité de très vives réactions en France depuis sa publication. Des internautes et des personnalités politiques ont notamment remis en cause le fait que cette femme soit infirmière, contrairement à ce qu'elle affirme lors de son arrestation. Ils s'appuient pour cela sur une photo où l’on voit que son badge n’est pas de la même couleur que celui des infirmières de l' Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Mais cette femme disposait bien d’un badge d’infirmière.

Les images de l’arrestation de cette femme, Farida C., sont très commentées depuis mardi 16 juin, jour de la manifestation du personnel soignant sur l'esplanade des Invalides à Paris.


Certains s'indignent du traitement qui lui est réservé : elle est trainée par les cheveux, bousculée au sol, et réclame de la ventoline, arguant qu'elle est asthmatique alors que les policiers la ceinturent. D'autres mettent en avant, en s'appuyant sur des images tournées par BFM-TV, qu'elle a auparavant lancé des projectiles et adressé des doigts d'honneur aux forces de l'ordre.

En parallèle, des internautes ont rapidement mis en doute le fait que cette femme soit infirmière, alors que c'est ce qu'elle affirme dans les vidéos montrant son arrestation.

Ces internautes ont mis en avant une capture d’écran de son badge issue d’une photo publiée notamment ici. On y voit un badge de couleur rose-orangé avec la mention "CPE "pour "Carte de personnel d’établissement ", une badge réservé notamment, selon les documents officiels de l’AP-HP, aux "personnels administratifs et logistiques,  soignants n’étant pas éligibles à une carte CPS (carte de professionnels de santé), dont les internes, étudiants, prestataires intervenant pendant plus de six mois au sein de l’AP-HP ".

Cette carte se différencie donc des cartes "CPS", portées par les infirmières mais aussi les chirurgiens dentistes (violet), les médecins (rouge) ou les pharmaciens (vert) notamment, qui ont toutes chacune une couleur bien précise.

S’appuyant sur ces informations, plusieurs internautes,  ont mis en doute le fait que la femme arrêtée était bien infirmière, affirmant qu’elle était un "agent d’entretien "ou "un membre du personnel administratif", et l’accusant de mentir pour susciter l’adhésion du public. Ces allégations ont été relayées par des personnalités politiques proches de l’extrême droite française comme Damien Rieu ou Jean Messiha.



Des internautes ont également pointé du doigt un tweet de sa fille, journaliste à France 24, indiquant également que cette femme était infirmière.
 
Deux badges de couleurs différentes visibles sur les photos

La rédaction des Observateurs de France 24 a contacté l’agence Abacapresse.com dont sont issues les captures d’écran du badge de Farida C.

L’agence nous a transmis plusieurs photos sur lesquelles on voit distinctement que l’infirmière possède en fait deux badges : l’un rose-orangé en tant que personnel d'établissement, l’autre bleu, qui correspond donc au statut d'infirmière.

Photos prises par Raphaël Lafargue pour l'agence Abacapresse.com. On voit précisément que la femme arrêtée dispose de deux badges, l'un orangé, l'autre bleu.

Dans un communiqué, la CGT de Villejuif, qui a réagi à l’arrestation de Farida C., expliquant que celle-ci travaille "depuis 17 ans à l’APHP "et plus précisément "en gériatrie" à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne). 

Selon la rubrique CheckNews de Libération, qui a contacté un élu de la CGT de cet hôpital, celle-ci a une double casquette "d’infirmière ", poste qu’elle occupe depuis huit ans, mais aussi de "cadre hospitalière faisant  fonction " ce qui explique pourquoi elle dispose de deux badges, l’un rose-orangé, et l’autre bleu.

Contacté par notre rédaction, l’APHP a refusé de faire tout commentaire sur le sujet.

La préfecture de police de Paris a confirmé de son côté à l’AFP que cette femme était "infirmère " et qu’elle avait été arrêtée pour "outrage et jet de projectile sur les forces de l’ordre ".

Mercredi 17 juin après midi, Farida C. a été remise en liberté et est convoquée au tribunal correctionnel pour le 25 septembre selon son avocat.

Intox /  France