Observateurs

L'Iran a procédé le 10 mai 2020 à un test de missiles antinavire, dans le golfe d'Oman, qui a mal tourné : un missile a touché un navire auxiliaire iranien, faisant 19 morts et 15 blessés. Une vidéo prétendant montrer l'incident a été massivement partagée sur les réseaux sociaux arabophones, y compris par la chaine saoudienne Al Arabiya. Or, cette vidéo montre un exercice naval de la marine norvégienne en 2013.

L'incident a eu lieu au cours d'une manœuvre dans les eaux territoriales iraniennes, entre les ports de Jask et de Chabahar. La frégate Jamaran a tiré un missile qui a frappé le navire auxiliaire Konarak, qui transportait des cibles pour la réalisation de l'exercice. Des médias d'Etat iraniens ont publié des vidéos et des photos des conséquences de l'incident.

Mais une autre vidéo a été massivement relayée sur Telegram et Twitter, avec une légende affirmant montrer le moment de l'impact du missile sur le navire auxiliaire, puis l'explosion.
 
Un exercice de l'armée norvégienne datant de 2013

Cette vidéo n'est pas récente et ne montre pas un navire iranien. Une recherche d'image inversée, en réalisant une capture d'écran de la vidéo (voir ici comment faire) permet de retrouver la même vidéo. Il s'agit en réalité d'un exercice de la marine norvégienne, visant à tester un nouveau missile antinavire, qui s'est déroulé près de l'ile d'Andøya et a été publié sur YouTube le 5 juin 2013. Le bateau visé était le Trondheim, une frégate norvégienne démantelée, et qui a servi de cible pour l'exercice.

 

La vidéo a d'abord été partagée sur des pages ultraconservatrices iraniennes de Telegram et sur des comptes ultraconservateurs iraniens de Twitter le 11 mai, avec une capture d'écran légendée : "vidéo du moment où le Konarak est frappé par un missile". Elle a ensuite été reprise sur des comptes Twitter en arabe, et par celui de la chaine saoudienne Al Arabiya, qui a affirmé qu'il s'agissait du tir de l'armée iranienne, récoltant plus de 600 000 vues sur Facebook et 60 000 sur YouTube



Article écrit par Ershad Alijani
Article écrit en collaboration avec
Alijani Ershad

Alijani Ershad , Journaliste