Afrique du sud

En Afrique du sud, des policiers "dérapent" dans une mosquée où des fidèles bravaient le confinement pour le ramadan

En Afrique du sud, des policiers arrêtent des fidèles musulmans ayant bravé les règles de confinement et profèrent des propos jugés blasphématoires. Capture d'écran.
En Afrique du sud, des policiers arrêtent des fidèles musulmans ayant bravé les règles de confinement et profèrent des propos jugés blasphématoires. Capture d'écran.
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Une vidéo publiée le 25 avril sur Twitter montre des policiers interrompre brutalement un rassemblement de musulmans dans une mosquée en Afrique du Sud, alors que le pays a mis en place des mesures de confinement. La scène s’est produite à Mbuzini, dans la province du Mpumalanga à l’Est de Pretoria, le premier jour du ramadan. Vingt-quatre personnes ont été arrêtées. Elle a heurté la communauté musulmane en raison des propos jugés blasphématoires tenus par les forces de l’ordre.

Des musulmans du monde entier vivent une période de ramadan inédite face aux obligations de confinement. C’est le cas en Afrique du sud : les mesures de confinement prises par le gouvernement sud-africain pour enrayer la propagation du virus interdisent tout type de rassemblement, même religieux.

Pourtant samedi 25 avril, une vingtaine de fidèles musulmans dans le village de Mbuzini ont bravé les règles de confinement pour se rendre à la mosquée pour prier comme il est d’usage en période de jeûne. Mais leur rassemblement  a tourné court.  

Dans la vidéo filmée par les policiers eux-mêmes et qui a fait plus de 640 000 vues sur Twitter, on peut entendre l’un d’eux dire : "Le président est-il fou ? Vous êtes tous aux arrêts". Et un autre policier d’ajouter : "Êtes-vous plus grand que le président ? Mahomet est-il plus grand que le président ?" Des propos jugés blasphématoires par certains, et qui ont heurté la communauté musulmane sur les réseaux sociaux.

 

Excuses de la Police à la communauté musulmane

Selon Sowetan Live, un média en ligne, le conseil des théologiens musulmans d'Afrique du Sud, Jamiatul Ulama South Africa, a condamné l'attitude des forces de police. "En plus des injures humiliantes pour le prophète Mahomet, les officiers sont entrés dans la salle de prière avec leurs bottes. De telles images sont affligeantes pour les musulmans pour qui les lieux de prière sont sacrés", affirme le conseil dans un communiqué.

Vendredi 24 avril, 17 personnes avaient été arrêtées dans l’ouest de Pretoria lors d’un rassemblement similaire.

Dans un communiqué, Bheki Cele, le ministre de la Police a présenté dimanche ses excuses à la communauté musulmane pour "les remarques blasphématoires durant l’arrestation. (...). Une enquête est en cours pour déterminer l’identité de la personne derrière un tel sacrilège". 

Le ministre a néanmoins rappelé l’obligation à "tous les citoyens" de respecter les mesures de confinement pour protéger les populations du Covid-19. Il a ainsi appellé l’ensemble des leaders notamment religieux à soutenir les efforts du gouvernement.

L’Afrique du sud est le pays africain le plus touché par le Covid-19 avec 4546 cas dont 87 décès.

Article écrit par Hermann Boko