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Dans une vidéo diffusée en direct sur Instagram, Saeed Namaki, le ministre de la Santé iranien, a montré une photo du visage meurtri d’une infirmière qui aurait été transmise "par des membres du personnel hospitalier". Il a remercié le personnel médical iranien, mis sous pression par la pandémie de Covid-19, tout en dénonçant les soignants des pays étrangers qui "défilent dans les rues dès qu’ils manquent de matériel". Mais il y a un détail fâcheux : la photo montre en fait une infirmière brésilienne et non iranienne.

Le ministre de la Santé iranien était déjà sous le feu des critiques pour avoir minimisé le nombre réel de décès liés au coronavirus Covid-19 dans le pays et pour sa gestion de la crise. Dans les hôpitaux, le manque d'équipement pour le personnel médical a notamment causé la mort de dizaines de médecins et d’infirmières.

Son direct sur Instagram du 14 avril ne risque pas d’arranger sa situation.


Il y a déclaré : "Pour réaliser à quel point nos collègues sont sous pression, regardez simplement cette photo. Je vous montre l’image d’une collègue, une sœur, une image qui m’a été envoyée par un de nos hôpitaux. C’est une infirmière qui travaille en unité de soins intensifs. Ceci est arrivé à son visage après des heures de torture sous des masques. Alors que partout dans le monde, vous voyez des infirmières descendre dans la rue dès qu’elles manquent d’équipement".

Ces dernières semaines, des infirmières et des médecins ont protesté pour dénoncer le manque de matériel dans les hôpitaux pour faire face au coronavirus, comme aux États-Unis ou en Inde.

Cependant le ministre iranien de la Santé a utilisé la photo d’une infirmière d’un autre pays : Amanda R., une infirmière brésilienne de Rio de Janeiro qui a pris ces photos dans l’hôpital où elle est en charge de patients infectés par le coronavirus.

Photos partagées par Amanda R. sur son compte Instagram.
 
Le choix fait par Saeed Namaki peut paraître étrange puisqu’il existe sur les réseaux sociaux de nombreuses photos de personnels médicaux iraniens montrant les mêmes blessures sur leurs visages, ou des photos des infirmières et docteurs qui ont perdu leurs vies en combattant le coronavirus en Iran.
 

Il faut parfois prendre ces images avec précaution. Ces dernières semaines, de nombreuses photos de visages meurtris de soignants postées sur les réseaux sociaux ont été retouchées pour accentuer les blessures.


Article écrit par Ershad ALIJANI
Article écrit en collaboration avec
Alijani Ershad

Alijani Ershad , Journaliste