Depuis le weekend du 21 mars, une vidéo montrant la police anti-émeutes zimbabwéenne frappant violemment des civils avec des bâtons circulent sur Facebook. Des internautes la partageant prétendent qu’ils s‘agirait de chrétiens punis parce qu’ils se sont rendus à l’église, malgré les mesures de confinement dû au coronavirus. Mais bien que la vidéo se passe réellement au Zimbabwe, elle n’a aucun rapport avec le Covid-19.

Des policiers en uniforme et des forces anti-émeutes armées de bâtons pourchassant des civils : cette vidéo montrerait ainsi “une scène de chaos “à la sortie d’une église” dont les fidèles auraient désobéit à l’interdiction de rassemblement au Zimbabwe.


Elle a été relayée depuis samedi 21 mars par divers groupes et pages francophones et anglophones, notamment des pages d’actualité africaine. L’extrait a été vu plus de 6900 fois sur Facebook, et a été partagé par quasiment autant de personnes, qui continuent de la relayer encore aujourd’hui.


Une vidéo qui remonte à novembre 2019
En faisant une capture d’écran de la vidéo sur l’outil Invid, il est possible de procéder ensuite à une recherche d’image inversée (cliquez ici pour savoir comment réaliser cette manipulation) via Google images. On arrive sur des résultats qui évoquent une manifestation le 20 novembre 2019.



En ajoutant dans la barre de recherche les mots-clés “Zimbabwe” et “demonstration” (qui signifie “manifestation” en anglais) dans Google images, on retrouve la vidéo dans des articles datant du mois de novembre 2019.

En réalité, l’extrait date précisément du 20 novembre dernier. Selon plusieurs articles de presse locale et internationale, la vidéo illustre la répression d’une manifestation de soutien au principal parti d’opposition, le “Mouvement pour le changement démocratique” (Movement for Democratic Change).
Les sympathisants de ce parti de centre-gauche s’étaient rassemblés le 20 novembre sur l’avenue Nelson Mandela, à Harare, la capital zimbabwéenne, pour écouter un discours du chef du parti Nelson Chamisa, avant que la police n’intervienne et ne les disperse violemment.

La vidéo a refait surface sur les réseaux d’actualité africaine un jour après la confirmation du premier cas de coronavirus au Zimbabwe, vendredi 19 mars 2020. Le gouvernement zimbabwéen a annoncé le 17 mars des mesures pour limiter la propagation du virus, dont l’annulation d'événements et la limitation des rassemblements.

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