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En Inde, des sikhs au secours des musulmans victimes des violences communautaires

Des sikhs organisent des langars, des distributions gratuites de nourriture. Crédits : DSGMC
Des sikhs organisent des langars, des distributions gratuites de nourriture. Crédits : DSGMC

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À New Delhi, des organisations religieuses sikhes se mobilisent pour venir en aide aux victimes des très violents affrontements entre hindous et musulmans qui ont fait plus de 40 morts et 300 blessés depuis le 23 février.

Certaines zones à majorité musulmane du nord-est de la capitale indienne ont été prises pour cibles entre le 23 et le 25 février, notamment par des nationalistes hindous : des habitants y ont été lynchés, des habitations et des mosquées incendiées. À l’origine de ces heurts, une loi sur la citoyenneté votée en décembre 2019, jugée discriminatoire pour les musulmans et qui suscite un vaste mouvement de contestation dans le pays.

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De nombreux habitants de ces quartiers, ravagés par les affrontements, ont préféré abandonner leurs maisons pour rejoindre des endroits plus sûrs.

"[Le quartier] de Shiv Vihar est devenu une ville fantôme."

Face à l’absence de réponse humanitaire de la part des autorités pour venir en aide aux victimes, des responsables de la communauté sikhe – religion monothéiste comptant plus de vingt millions de fidèles – ont rapidement fait part de leur solidarité.

Dès le 25 février, des gurdwaras – lieux de culte sikhs – se sont déclarés ouverts et prêts à accueillir toute personne cherchant à fuir les violences.

"Les gurdwaras sont ouverts pour tous ceux qui en ont besoin. N'importe qui peut m'envoyer un message."

Surtout, le Comité de coordination des gurdwaras de Delhi (DSGMC) a organisé des distributions de nourriture dans les quartiers touchés par les émeutes ainsi qu’à la sortie des hôpitaux, où peuvent se trouver les familles de victimes.

"Notre aide est offerte sans distinction de religion"

Pour ces responsables religieux, ces opérations constituent l'application d’une tradition sikhe : le "langar". Chaque gurdwara comprend une "cuisine commune", ouverte aux sikhs comme aux non-sikhs, destinée à servir des repas végétariens gratuits.

Aucun camp de secours n’a été mis en place par les autorités de New Delhi. Nous voulons simplement être des lueurs dans ces heures sombres d’affrontements communautaires : tous les langars sont ouverts à tous, sans distinction de religion ou de caste.

Nous nous rendons dans les quartiers touchés par les émeutes à la fois pour aider et pour montrer que nous nous soucions de cette situation.

En novembre 1984, à New Delhi, des émeutes anti-Sikhs avaient fait près de 3 000 morts après l’assassinat de la Première ministre Indira Gandhi par ses gardes du corps sikhs.

Article écrit par Pierre Hamdi (@PierreHamdi).