Capitale économique d’un pays en pleine croissance, Abidjan s’est modernisée à toute vitesse depuis dix ans : un quatrième et un cinquième pont sont en construction, la première ligne de métro d’Afrique francophone subsaharienne est en projet, des projets émergent dans les différentes communes. Mais cette urbanisation a des conséquences sur les populations les plus précaires : nombre d’entre elles se sont installées de fait sur des terrains inoccupés, aujourd’hui réquisitionnés.

Régulièrement ces quartiers sont rasés intégralement à coups de bulldozers. Ces opérations, appelées "déguerpissements", peuvent laisser les populations dans le dénuement : elles perdent le peu qu’elles possédaient et disent n’avoir nulle part où se reloger. Car si les autorités proposent des dédommagements, les habitants les jugent souvent insuffisantes. Dès lors, même si elles sont prévenues, les populations restent souvent jusqu’à la dernière minute sur leur lieu de résidence.

Début 2020, un adolescent de 14 ans est parvenu à escalader le mur de l’aéroport, auquel sont accolés les quartiers d’Adjouffou et d’Aéro-canal. Il est monté dans le train d’atterrissage d’un avion Ai France pour Paris, où il a été retrouvé mort après l’atterrissage. Ce drame a incité les autorités à annoncer un déguerpissement dans un rayon de 200 mètres autour de l’aéroport.

À l’occasion de notre nouveau reportage Ligne Directe, nous sommes allés avec notre Observateur Sanogo à la rencontre des habitants "déguerpis" d’Aéro-canal et d’Adjouffou, puis questionner le ministre des Transports sur les modalités de l’opération. Nous avons également interrogé la géographe Irène Kassi Djodjo, qui explique les raisons de fond de l’incompréhension entre habitants et autorités.



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