Depuis le début du mois de janvier, plusieurs quartiers de la ville d’Alexandrie, au nord de l’Égypte, sont inondés. Les habitants marchent dans une eau malodorante et jonchée de détritus. En cause, l’absence de canalisations opérationnelles, une situation qui s’aggrave chaque hiver à cause des précipitations qui bouchent les canaux d’évacuation, qui ne peuvent plus absorber les eaux pluviales et usées, et d’où ressort l’eau sale.

Plusieurs habitants du quartier El Falaki, situé dans l’arrondissement d’El Montazah, ont publié dans la première quinzaine de janvier des photos sur les réseaux sociaux témoignant de la situation. On y voit comment les eaux usées mêlées aux eaux pluviales ont inondé les rues du quartier, allant jusqu'à pénétrer dans l’entrée de certains bâtiments.

Les eaux usées mêlées aux eaux pluviales ont inondé les rues du quartier El Falaki.

Les eaux polluées ont même pénétré dans l’entrée de certains bâtiments.

Sur les réseaux sociaux, des internautes d’Alexandrie ont exhorté les autorités à accélérer les travaux d’assainissement promises depuis des années. En 2015, le gouverneur d’Alexandrie avait annoncé après les inondations qu’un budget de 75 millions de livres égyptiennes (4,42 millions d’euros) avait été débloqué pour l’aménagement du réseau d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales et usées dans la ville côtière.

Ahmed Alchaeur, habitant du quartier d’El Falaki, se dit désespéré de la répétition de promesses d’aménagement de son quartier qui remontent selon lui à 2008 . Un quartier qui nage dans les eaux polluées, assure-t-il, ce qui risque d’endommager les bases des bâtiments.

Depuis des années, nous vivons dans des conditions inhumaines. Le projet d’assainissement de l’arrondissement El Montazah aurait dû prendre fin depuis des années, plusieurs rues sont inondées à causes des travaux qui durent depuis des années. Le gouvernorat a débloqué 40 millions de livres égyptiennes (2,26 millions d’euros) pour ce projet spécifique à notre quartier mais à chaque fois la société chargée de l’exécution des canalisations assure qu’elle ne trouve pas le moyen de connecter les canaux de notre quartier au réseau général de la ville d’Alexandrie.


Une réunion d'avril 2019 de l'un des habitants d'El Falaki avec les responsables locaux avait abouti à de nouvelles promesses d'accélération des travaux.
 

Nous vivons dans cette situation depuis 2008. Les canaux recrachent ainsi les eaux polluées dans nos rues. Cela menace la santé des habitants. L’eau qui coule dans nos quartiers risque de pénétrer sous les bâtiments. C’est une tragédie pour beaucoup d’habitants d’El Montazah. À chaque fois, c’est la même promesse qui se répète sans trouver de solution.


Selon Ali Sabri, un autre habitant du quartier d’El Falaki, les autorités disent avoir confié les travaux de connexion des canaux à une entreprise privée. Mais de son côté, la société d’aménagement se dit incapable de trouver une solution pour connecter les canaux d’assainissement au réseau général d’évacuation des eaux usées. Pendant les mois d’hiver, où la pluviométrie est la plus forte, la situation se complique pour les habitants de la région. Ali Sabri exhorte les autorités à mettre fin à cette galère :
 

Ce qu’on demande depuis des années, c’est de trouver une solution pour connecter nos quartiers au réseau général, on a lancé un appel aux autorités pour nous sauver de ce drame. En 2019, nous avons eu plusieurs rencontres avec le député de la région, Aboul Abbas Tourki, qui nous a assurés que le projet était en train d’avancer et que tous les obstacles qui entravent sa réalisation allaient être levés, mais c’est sans résultat pour l’instant.

Les rues du quartier El Falaki inondées par les eaux pluviales et usées pendant les mois d'hiver. Les habitants appellent les autorités à intervenir en urgence. 

Après les inondations de 2015, les autorités égyptiennes ont adopté un programme météorologique pour faire face aux risques d'inondations pendant les saisons pluviales.

La rédaction des Observateurs a essayé de contacter les responsables du gouvernorat d’Alexandrie sans obtenir de réponse.

Article écrit par Omar Tiss.