Dans la matinée du mercredi 8 janvier, un avion de la compagnie Ukraine International Airlines (UIA) à destination de Kiev s’est écrasé peu après son décollage de Téhéran, tuant 176 personnes. Le Canada et les États-Unis ont rapidement évoqué la possibilité qu’un tir accidentel ait abattu l’avion, ce que nient les autorités iraniennes. L’analyse de plusieurs vidéos amateur par la rédaction des Observateurs de France 24 permet de révéler plusieurs indices sur les circonstances du drame.

L’avion Boeing PS-752 Téhéran-Kiev s’est écrasé non loin d’un terrain de football, dans une banlieue proche de Téhéran. Voici le lieu exact, ainsi que sa géolocalisation sur une carte : on y retrouve un terrain de football, une place et un bâtiment avec un toit gris.

Comparaison des éléments entre une photo officielle diffusée par l’Iran et une image de géolocalisation des lieux du crash.
 

Première vidéo amateur : un avion en flammes pendant une longue minute

Sur une première vidéo d’une minute dix secondes diffusée sur Telegram, principal réseau social en Iran, un conducteur et une passagère, qui filme, échangent sur l'objet lumineux qu'ils voient dans le ciel. On y voit la très impressionnante explosion de l’avion alors qu’il s’écrase au sol à la toute fin des images.

Dans la vidéo, les deux interlocuteurs échangent et ne savent pas ce qu’est cet objet lumineux :

"Ça prend la direction de Téhéran… Oh mon dieu ! Ils ont fait une frappe quelque part."

La rédaction des Observateurs a pu géolocaliser précisément l’endroit où cette vidéo a été filmée en Iran, sur l’autoroute reliant Téhéran à Saveh, non loin de l’aéroport. 

Cette première vidéo montre que l’avion était en feu pendant plus d’une minute.

L'itinéraire en bleu symbolise l'endroit où roule le véhicule. Le point jaune est l'endroit où l'avion s'est écrasé.

 

Deuxième vidéo amateur : la puissance de la déflagration

Sur une deuxième vidéo, un internaute suit le point lumineux dans le ciel, puis l’explosion au loin de l’avion.

La vidéo a également bien été filmée en Iran sur l’autoroute Saveh – Téhéran et plusieurs indices permettent de le confirmer : un panneau publicitaire visible à droite sur l’image ci-dessous. Mais également l’enseigne d’un restaurant présent non loin de cette autoroute.

Cette deuxième vidéo, filmée à plus de 3 kilomètres du crash, montre la puissance de l’impact.

Troisième vidéo amateur : des précisions sur le lieu exact de l’impact grâce à un calcul

Une troisième vidéo donne de nouveaux indices permettant d’en savoir un peu plus sur l’endroit où l’avion a été abattu : cette vidéo, également publiée par le New York Times, montre à la fois un objet non identifié toucher l’avion, puis une explosion dans le ciel et enfin une détonation sonore.

Cet internaute filme dans une banlieue de Téhéran nommée Parand. Des bâtiments visibles dans la vidéo ont permis à notre rédaction de géolocaliser précisément les lieux dans ce quartier.

Dans la vidéo, bien que filmée de nuit, on repère un panneau publicitaire (à droite), et l'enseigne d'un restaurant, visible au milieu et sur la gauche.

Comme l'explique le New York Times, en analysant la vidéo, on remarque qu’il s’écoule environ 10,6 secondes entre la lumière et le son. La lumière se propageant plus vite que le son, il est possible de calculer que le témoin qui filme se trouve à environ 3,6 kilomètres de l’endroit de l’impact.

En combinant ces informations avec celles de FlightRadar, site Internet permettant de suivre l’itinéraire des avions, on constate que la perte de contact avec le vol Téhéran-Kiev a bien eu lieu aux alentours de cette banlieue, à 3,6 kilomètres de l’endroit où filme ce témoin.

Cette troisième vidéo amateur est très importante : elle montre qu’un objet non identifié a bien touché un avion dans un rayon d’environ 3 kilomètres où cette vidéo a été filmée.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a indiqué, jeudi 9 janvier, que l’avion aurait été abattu par un "missile sol-air iranien [...]", estimant que ce tir n'était "peut-être pas intentionnel". Il a demandé une enquête "complète et approfondie". Soixante-cinq des passagers de l'avion avaient la nationalité canadienne. Les autorités iraniennes ont, quant à elles, évoqué des "mises en scène douteuses" et une hypothèse n’ayant "aucun sens".


 

Article rédigé par Ershad Alijani (@ErshadAlijani)