Cédric Chouviat, un livreur français de 42 ans, est mort le 5 janvier des suites d'un malaise cardiaque survenu lors de son interpellation par la police deux jours plus tôt à Paris. Des images amateurs diffusées par les avocats de la famille lors d'une conférence de presse, mardi 7 janvier, donnent à voir les circonstances violentes du contrôle routier.

Une première vidéo montre une partie de l'altercation entre Cédric Chouviat et plusieurs policiers alors que le livreur est visiblement en train de les filmer. Selon une source policière citée par Le Parisien, qui qualifie son comportement d'"irrespectueux" et d'"agressif ", c'est parce qu'il utilisait son téléphone en conduisant son scooter qu'il a été contrôlé par une patrouille et aurait ensuite été interpellé pour outrage.

Selon l'auteur d'une des vidéos, contacté par Mediapart, l'un des policiers est ensuite "passé par derrière et lui a fait une clef avec son bras autour de son cou, il est alors tombé au sol". Cédric Chouviat a donc été plaqué au sol, sur le ventre, tout en étant par la suite menotté. C'est ce que montre deux autres vidéos amateurs filmées par des témoins.

Les policiers remarquent alors que le visage de Cédric Chouviat est devenu bleu : il a fait un arrêt cardiaque dû au manque d'oxygène. Il est conduit au service de réanimation de l'hôpital Georges-Pompidou, où il décède deux jours plus tard.

Une technique d'immobilisation controversée

La pratique d'immobilisation par plaquage ventral, ou "décubitus ventral", clairement visible dans les vidéos, a déjà été mise en cause après le décès d'Adama Traoré, mort étouffé sous le poids de trois gendarmes, alors qu'il était menotté, le 19 juillet 2016, à Beaumont-sur-Oise. Cette technique, proscrite notamment par les polices belge ou suisse, est régulièrement dénoncée par des ONG comme l'Association chrétienne pour l'abolition de la torture (Acat) qui demande son interdiction.


Christian Chouviat, le père de la victime, a estimé lors de la même conférence de presse, que son fils avait été "assassiné". Mardi 7 janvier, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire du chef d'homicide involontaire et les premiers résultats de l'autopsie ont révélé une asphyxie "avec une fracture du larynx". Une enquête sur les causes du décès a par ailleurs été ouverte par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Article écrit par Pierre Hamdi (@PierreHamdi)