ÉTATS-UNIS

Aux États-Unis, une église met la Sainte Famille en cage pour sensibiliser au sort des migrants

Photo de la crèche de Noël installée par L'Église méthodiste unie de Claremont. Crédit : Karen Clark Ristine
Photo de la crèche de Noël installée par L'Église méthodiste unie de Claremont. Crédit : Karen Clark Ristine
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Une église de Californie a choisi de reconstituer la crèche de Noël en mettant Jésus, Marie et Joseph dans des cages séparées pour attirer l’attention sur le traitement réservé aux migrants arrêtés à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

L'Église méthodiste unie de Claremont, à l'est de Los Angeles, a publié dimanche 8 décembre une photo montrant Jésus, Marie et Joseph emprisonnés dans des cages séparées, entourées de fils barbelés. En détournant ainsi la traditionnelle crèche de Noël qu’installent les églises à cette période, cet établissement cherche à sensibiliser au sort réservé aux migrants qui arrivent aux États-Unis, considérant que la Sainte Famille était aussi une famille des réfugiés.

En effet, selon la religion chrétienne, peu après la naissance de Jésus, Marie et Joseph ont fui Nazareth avec lui, en direction de l’Égypte, pour échapper à la tyrannie du roi Hérode.

La photo a également été publiée par la pasteure Karen Clark Ristine sur sa page Facebook, et a été partagée plus de 24 000 fois. Karen Clark a rappelé que "la Sainte Famille représent [ait] dans cette scène des milliers des familles séparées à notre frontière" :

 

Imaginez Joseph et Marie séparés à la frontière et Jésus, à l’âge de 2 ans, placé dans un centre de détention comme cela a été le cas de 5 500 enfants dans les trois dernières années.

Selon l'agence fédérale des douanes et de la protection des frontières (CBP), plus de 460 294 personnes ont été arrêtées à la frontière avec le Mexique du 1er octobre 2018 au 30 avril 2019.

L’association American Civil Liberties Union affirme que 5 400 enfants des migrants ont été éloignés de leurs familles dans les centres des détentions près des frontières mexicaines depuis juillet 2017. Une pratique considérée par Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, comme une ingérence arbitraire et illégale dans la vie familiale et une grave violation des droits de l’enfant. 

Ce durcissement de la politique américaine en matière d’immigration advient notamment après la décision du président américain Donald Trump d’autoriser la détention illimitée des enfants migrants sur le sol américain.

Article écrit par Omar Tiss.