RD Congo

RD Congo : plusieurs quartiers de Kisangani inondés après la montée des eaux du fleuve

Les rues de Kisangani, l'une des principales villes dans le nord-est de la République démocratique du Congo, inondées après la montée des eaux du fleuve Congo. Photo prise par Steve Mbusa.
Les rues de Kisangani, l'une des principales villes dans le nord-est de la République démocratique du Congo, inondées après la montée des eaux du fleuve Congo. Photo prise par Steve Mbusa.

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À Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, de récentes pluies ont causé la montée des eaux du fleuve Congo et de la rivière Tshopo. Conséquence : plusieurs quartiers qui bordent ces cours d’eau ont été inondés.

Les populations de Kisangani 1 et de Makiso sont désemparées après le débordement des eaux du fleuve Congo et de la rivière Tshopo. Leurs maisons ont été envahies par les cours d’eau, laissant des centaines de personnes sans abri.

“Les ménages dorment aujourd’hui à la belle étoile”

Steves Mbusa, un habitant de la commune sinistrée de Makiso nous raconte les dégâts causés par cette crue des eaux.

Les maisons, les restaurants et les écoles qui se trouvent juste au bord du fleuve Congo ont été inondés. De même pour les rues de la commune de Makiso, qui constitue le centre de la ville. Plusieurs centaines de ménages dorment aujourd’hui à la belle étoile et ne savent à quel saint se vouer.

En dehors du centre-ville, les localités de Basoko et d’Isangi, qui se trouvent à une centaine de kilomètres de Kisangani, ont également été impactées par le débordement du fleuve.

Les routes sont devenues impraticables. Il est très difficile de se procurer les denrées alimentaires qui sont devenues chères. Le prix du poisson a augmenté. Le kg de haricot par exemple qui coûtait 800 francs congolais est vendu à 2000 francs. C’est difficilement vivable.

Coincée entre la rivière Tshopo et le fleuve Congo, Kisangani est régulièrement touchée par les inondations. Mais cette année, la montée des eaux est d’une ampleur inédite, pour des raisons d’urbanisme mais également à cause du dérèglement climatique.

“Les changements climatiques accentuent aussi les inondations”

Merger Tshomba est chercheur en conservation de la biodiversité à l’université de Kisangani. Il est aussi le coordinateur provincial de l’ONG Actions for a safe environnemt. Il explique les causes de cette catastrophe :

Kisangani est comme une presqu’île entourée d’eau. De plus, nous sommes dans une région équatoriale où il pleut presque toute l’année. Le fleuve Congo déborde souvent. Mais actuellement, la crue est très importante. Nous n’avons pas connu une montée des eaux aussi grande depuis décembre 1997.

À l’époque, les dégâts n’étaient pas importants à cause de la démographie. Aujourd’hui beaucoup de gens ont construit de manière anarchique dans les zones inondables. Les maisons sont tout près du lit du fleuve ou de la rivière. Les habitants sont forcément impactés à chaque inondation. De plus, la ville n’a pas un bon réseau d’assainissement. La voirie est vétuste. Elle date de l’époque coloniale et les caniveaux sont régulièrement bouchées.

Les changements climatiques accentuent aussi les inondations. Les périodes de fortes précipitations sont de plus en plus longues. Les crues importantes avaient lieu tous les cinq ou dix ans. Mais avec le dérèglement climatique, l’intervalle se réduit. Et la déforestation aux abords des fleuves n’arrange pas la situation.

En 2015, les inondations dans la province de Tshopo avaient affecté plus de 350 000 personnes selon Radio Okapi. 52 000 ménages s’étaient retrouvés sans un toit. Un comité de crise mis sur pied par les autorités de la province avait évalué le coût des aides pour assister les sinistrés à près de 3 millions de dollars.

Article écrit par Hermann Boko (@HermannBoko).