La semaine dernière sur un pont du quartier Kwai Chung (au nord de Hong Kong), les passants ont pu admirer des décorations de Noël étonnantes : des Hongkongais anonymes avaient suspendu des guirlandes de personnages de papier, dont certaines figuraient des membres du gouvernement affublés de corps de cafards.

Sur Twitter, cette internaute hongkongaise s'amuse de cette initiative.

Parmi les personnages suspendus sur ce pont, on reconnaît notamment Leung Chun Ying, ex-chef de l’exécutif, Norman Chan, ex-dirigeant de la banque centrale de Hong Kong, et bien sûr Carrie Lam, la dirigeante très controversée de la région administrative spéciale, dont la tête est rattachée à un corps en petite tenue.

À droite, Leung Chun Ying, ex-chef de l’exécutif hongkongais.

Norman Chan, ex-dirigeant de la Monetary Authority, la banque centrale de Hong Kong.

Carrie Lam, actuelle cheffe de l'exécutif de Hong Kong et très critiquée par les manifestants prodémocratie.

Ils ont été suspendus sur un pont du quartier Kwai Chung à Hong Kong, renommé à l’occasion "Lennon Bridge" par certains internautes. Une référence au "Lennon Wall" construit à Prague en 1980 après l’assassinat de John Lennon. À Hong Kong, des murs "Lennon walls" sont régulièrement recouverts de Post-it aux slogans hostiles au gouvernement et à Pékin.

Certains personnages sont plus symboliques, comme cet homme casqué qui représente la police de Hong Kong, qui affronte régulièrement les manifestants, parfois violemment.

Ce personnage représente la police de Hong Kong, qui affronte régulièrement les manifestants.

Que certains de ces personnages aient un corps de cafard n’est pas anecdotique. La police hongkongaise qualifie ouvertement les manifestants de "cafards".

Fin août, Facebook a supprimé plus d’un millier de comptes accusés de faire partie d’une campagne chinoise visant à décrédibiliser les manifestants. Sur nombre de ces publications, les manifestants étaient qualifiés de "cafards à écraser".

Si ces drôles de décorations ont fait parler d’elles sur les réseaux sociaux, tout le monde n’a pas apprécié le geste. Sur Weibo, l’équivalent de Twitter en Chine, de nombreux internautes pro-Pékin ont exprimé leur indignation.

Dans cette publication, cet internaute insulte ceux qui ont suspendu les personnages. En dessous, un hashtag de soutien à la police de Hong Kong.

Et sur le pont, des citoyens progouvernement n’ont pas hésité à retirer les personnages suspendus.

Accrochées la semaine dernière, ces "décorations" ont depuis été retirées du pont.

Article écrit par Marie Genries (@mariegnrs).