L’incident s’est déroulé en mai 2018, mais la vidéo n’a émergé que le 2 novembre : au check point d’Al Zaim, près de Jérusalem, on voit un Palestinien s’écrouler au sol, après avoir reçu une balle en caoutchouc dans le dos, alors qu’il avait pourtant obéi aux consignes des gardes-frontières. Vue des millions de fois et diffusée par une chaîne israélienne, la vidéo a suscité de nombreuses réactions indignées.

Les forces de l’ordre israéliennes intiment d’abord à l’homme de partir, ce qu’il fait. Il a les mains en l’air, conformément à ce que lui ordonne une voix hors-champ, puis il les baisse, après qu’un des gardes-frontières lui a dit qu’il pouvait le faire. On entend une femme crier : "Cours ! " Puis, quelques secondes plus tard, alors que l’homme est à bonne distance des forces de l’ordre, il est touché par une balle en caoutchouc. Il s’effondre et hurle de douleur. 

ATTENTION, CES IMAGES PEUVENT CHOQUER.


Vidéo partagée sur Twitter par un journaliste de Channel 13, la chaine israélienne qui a diffusé les images le 2 novembre 2019.
 

Une "forme douteuse de divertissement"


La femme que l’on entend dans la vidéo – et qui est l’auteure du tir – a été arrêtée avec quatre de ses collègues l’an dernier. Lors de son audience en octobre 2018, le juge a estimé que le fait qu’elle ait tiré sur l’homme était une "forme douteuse de divertissement ". La police israélienne l’a démise de ses fonctions et a changé de poste les autres officiers impliqués dans l’incident. Le ministère israélien de la justice a ouvert une enquête et devrait annoncer sous peu sa décision.

Fausses informations

Devenue virale, la vidéo a été publiée ces derniers jours avec des informations erronées, notamment par certains comptes Twitter. Ce post, qui relaie une version de la vidéo vue plus de 150 000 fois, affirme ainsi que l’incident s’est déroulé "aujourd’hui [le 2 novembre 2019]". Il affirme également que "des balles en caoutchouc ont été tirées", alors qu’une seule a été tirée. D’autres utilisateurs ont, eux, cru que l’homme avait été abattu, ce qui est faux.


Article écrit par Peter O’Brien (@POB_journo)