Observateurs


Partis d’Alger le 25 septembre, Achour Aghroud et Imad Idjennadene, deux Algériens de 36 ans, ont décidé de parcourir leur pays à vélo, de la côte au désert. Pour les deux sportifs, l’objectif est de sensibiliser aux questions environnementales, mais aussi faire découvrir les paysages locaux. 

Depuis le mois de septembre, Achour Aghroud et Imad Idjennadene, tous les deux originaires de Béjaïa, à l’est d’Alger, ont quitté leurs emplois respectifs pour se dédier pleinement à leur rêve : faire un tour de l’Algérie à vélo.  


Suivis d’une équipe à bord d’un camion, pour transporter leur matériel de camping et de réparation en cas de casse sur les vélos, ils souhaitent parcourir un total de 7 000 km, répartis en 70 étapes.

Sur leur route, ils filment les paysages, les villes et les personnes qu’ils rencontrent et plantent à chacune de leurs étapes un arbre avec des habitants, des associations locales ou des écoles.

"L’idée était d’en faire une initiative écologique, en plantant un arbre à chaque étape"


Pour Achour Aghroud, cette aventure leur permet de promouvoir l’écologie, la pratique du vélo et, surtout, de faire connaître la diversité de l’Algérie : 
 
Imad [son coéquipier, NDLR] avait déjà fait il y a deux ans Alger - Tamanrasset (2 000 km) à vélo avec une bande d’amis. Après ce périple, on a réfléchi à faire ensemble un autre tour, plus grand, reliant vraiment les quatre coins du pays. Nous avons mis deux ans à préparer ce périple et à nous entraîner physiquement. Pour le financement, nous avons reçu de l’aide de nos amis et de notre famille.


L’idée était avant tout d’en faire une initiative écologique, en se fixant pour objectif de planter un arbre à chaque étape. Pour le moment, nous en sommes à une vingtaine ! Parfois, des associations ou des écoles nous attendent à une étape et nous allons donc planter avec eux. Nous demandons aussi aux personnes qui nous suivent sur notre page Facebook d’en planter de leur côté. 


Nous voulons aussi donner envie aux gens de faire du vélo car ce n’est pas très commun en Algérie de voyager ainsi et les infrastructures sont quasi inexistantes. Nous sommes allés dans un village où une piste cyclable avait été installée, mais elle avait rapidement été transformée... en voie de taxi.

Sur notre route, nous n'avons vu qu’un seul magasin de réparation de vélo - et encore c’était vraiment une petite cabane. Il existe des clubs de vélo, certains ont même fait des morceaux de parcours avec nous, mais souvent ils ont très peu de moyens. 


"Vous êtes étrangers ?"

Une anecdote marrante d’ailleurs, à chaque barrage de police ou autre sur la route, la question qui revient c’est : "Vous êtes étrangers ?" C'est dire à quel point ce n’est pas dans la culture de voir deux Algériens faire le tour du pays à vélo. 


Sur notre page Facebook, nous montrons aussi les paysages que nous voyons, les cultures que l’on découvre. L’Algérie est un pays immense, d’une grande diversité, or les Algériens le connaissent mal. Nous invitons tout le monde à découvrir sa richesse naturelle, culturelle et humaine. Parfois, les gens nous demandent, à propos d'une photo : “c’est vraiment en Algérie ça ?” 


Je pense que notre voyage est à la fois perçu avec étonnement et admiration. D’ailleurs, même si nous avons notre équipement pour camper, nous sommes en général accueillis chez des habitants. C’est impressionnant, cette générosité.


Il y a eu un moment incroyable où nous étions dans le désert, nous cherchions où s’arrêter et là, nous tombons sur une école. Les enfants sont venus nous voir, toucher les vélos. Le directeur est sorti et a proposé de nous loger pour la nuit. Le soir, nous voulions participer et faire à manger, mais il a insisté pour bien nous recevoir et nous avons même mangé du poisson, dans le désert !
 
Lundi 4 novembre, les deux amis ont quitté Djanet, une oasis où ils s’étaient reposés quelques jours. Ils entament désormais leur 35e étape, à travers le désert.

Leur périple devrait prendre fin dans deux mois, avec un retour à Alger. Si vous souhaitez rentrer en contact avec eux, vous pouvez le faire via leur page Facebook
 
 
Article rédigé par Maëva Poulet (@maevaplt)