Des pluies diluviennes se sont abattues ces derniers jours sur Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) où les réseaux d’assainissement sont bouchés par les déchets plastiques. Conséquence : à chaque saison pluvieuse, la troisième mégapole d’Afrique se retrouve sous les eaux. 

C’est la saison des pluies à Kinshasa depuis le début du mois d’octobre. Et ces derniers jours, des pluies diluviennes se sont abattues sur la capitale congolaise, causant des inondations dans plusieurs communes et dans le centre-ville filmées par des vidéastes amateur.


La vidéo ci-dessus montre les dégâts des pluies torrentielles dans la nuit du 21 au 22 octobre. Elle a été diffusée sur Twitter par Eloge Mwandwe, consultant en management et développement durable qui vit dans la commune de N’galiema touchée par les inondations. Il explique le calvaire vécu pour se rendre au travail à la Gombe, le centre d’affaires de Kinshasa.

“C’était le déluge comme dans la Bible”


“Mon quartier a été submergé par les eaux. Les inondations n’ont pas épargné les communes de Kintambo et de Bandalungwa. Quand j’ai filmé cette vidéo, j’étais sur le boulevard du 30-Juin, l’axe principal de Kinshasa qui mène au centre-ville de la Gombe. J’ai filmé les rues depuis ma voiture. Les flots ont recouvert les pneus des voitures. Les eaux arrivaient au niveau des hanches. C’était le déluge comme dans la Bible. Si les quartiers huppés de Kinshasa ont été inondés comme cela, imaginez un peu la situation de ceux qui vivent dans les quartiers populaires. Certains n’ont même pas pu dormir chez eux. Il n’y a pas une vraie politique d’assainissement et de salubrité à Kinshasa.”



Troisième mégapole d’Afrique avec 11 millions d’habitants, Kinshasa croît de manière exponentielle et n’est pas dotée de cadastre, un registre dressant l’état de la propriété foncière d’un territoire. Les populations vivent parfois dans des zones inondables et interdites de construction.

“Les populations ont construit sur les espaces destinés au caniveaux”

Félix Kabena, président du club RFI de Kinshasa, vit en hauteur sur la colline dans le quartier Mont Ngaliema. Il détaille :
Quand il y a des inondations, les populations vaquent difficilement à leurs occupations. Certains ont dû traverser les rues avec des canoës. Moi, dans ma commune pendant les fortes pluies, nous sommes souvent confrontés à l’érosion. L’eau emporte les maisons. Dans les quartiers situés au centre de Kinshasa, les caniveaux sont bouchés à cause des déchets. Bandalungwa par exemple est l’une des premières communes construites par les colons belges. Elle disposait d’un bon réseau d’évacuation des eaux. Mais aujourd’hui, les populations ont construit des maisons sur les espaces destinés aux caniveaux. Pour lutter contre les inondations, il faudra revoir le cadastre de la ville, construire un nouveau réseau d’assainissement. Mais ce sera difficile parce qu’il faut démolir les maisons.

Samedi 19 octobre, Félix Tshisekedi, le président congolais a lancé une opération de nettoyage de Kinshasa appelée “Kin Bopeto”. Elle doit permettre de vider les caniveaux pleins de déchets plastiques et faciliter l’écoulement des eaux de pluies.

En janvier 2018, les inondations et les éboulements provoqués par de fortes pluies avaient causé la mort de 44 personnes dans plusieurs communes de Kinshasa.

Article écrit par Hermann Boko (@HermannBoko).