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Alors que des Hongkongais manifestent ce mardi 1er octobre pour perturber les célébrations du 70ème anniversaire du régime communiste chinois, plusieurs vidéos ont émergé, montrant un manifestant touché par balle. D’après plusieurs experts interrogés par notre rédaction, les vidéos permettent d’affirmer qu’un revolver et de véritables munitions ont été utilisés par la police.
 
ATTENTION, CERTAINES IMAGES CI-DESSOUS PEUVENT CHOQUER

Dans plusieurs vidéos filmées par des manifestants et relayées par des activistes, un jeune homme vêtu de noir affronte les policiers leur donnant des coups de bâtons. Il est alors visé à bout portant par un policier hongkongais. Il est touché et tombe au sol.

Vidéo avec effets de ralenti, publiée par une web TV étudiante hongkongaise. 

Dans une seconde vidéo, le même jeune homme, reconnaissable à ses vêtements, est allongé sur le sol. "Envoyez-moi à l’hôpital, j’ai mal à la poitrine, il faut que j’aille à l’hôpital… […] Mon nom est Tsang Tsz Kin […]", dit-il, selon une traduction fournie par des activistes.

Vidéo publiée par un média de manifestants hongkongais. Version longue disponible ici

Plusieurs photos ont ensuite circulé, montrant des équipes médicales prenant en charge ce jeune homme dans la rue. Il est alors torse nu et la blessure est clairement visible sur sa poitrine.



Tir à balle réelle confirmé par des experts

La rédaction des Observateurs de France 24 a contacté via Twitter deux experts, l'enquêteur Nick Waters et le chercheur indépendant en balistique, baptisé @CalibreObscura sur Twitter.

Ces deux sources confirment que la vidéo montre un tir à balle réelle – pas à blanc – réalisé avec un revolver par un policier hongkongais.

Selon @CalibreObscura, l’arme probablement utilisée serait un revolver Smith & Wesson Model 10 .38 Special, utilisé par les forces de l’ordre dans plusieurs pays du monde. Un lot de ces armes a par ailleurs été acquis par la police hongkongaise à la fin des années 1990

La blessure visible sur la poitrine du manifestant permet également de confirmer qu’il a été touché par une balle réelle. Selon Nick Waters, les équipes médicales ont placé sur sa blessure un pansement pour plaie thoracique, ou "chest seal" en anglais.

"Ce dispositif avec la valve blanche permet de fermer et d’aspirer la blessure. Son utilisation indique que le poumon a été perforé", précise ce chercheur pour le site d’investigation Bellingcat, par ailleurs ex-officier d’infanterie.

La police hongkongaise a déclaré qu’un manifestant avait été touché à la poitrine lors d’affrontements dans le district Tsuen Wan, a rapporté l’agence de presse américaine Associated Press. Selon le South China Morning Post, le manifestant serait mineur et aurait été emmené à l’hôpital Queen Elizabeth, où se trouve le centre de chirurgie thoracique le plus proche. Aucune information sur son état de santé n’était disponible au moment de la publication de cet article.

La police hongkongaise a réagi quelques heures plus tard dans une déclaration vidéo. 


"La police a émis plusieurs avertissements, mais les manifestants n'ont pas arrêté leurs attaques violentes. Les vies des policiers présents étaient sérieusement menacées. Dès lors, pour sauver sa propre vie et celles de ses collègues, un officier a tiré à balle réelle sur un manifestant de 18 ans près de son épaule gauche", a-t-elle notamment déclaré. 

MISE À JOUR le 2/10/2019

Selon des sources médicales citées par le South China Morning Post, l'état du manifestant, un lycéen de 18 ans, était stable mercredi 2 octobre après une intervention chirurgicale. Le même jour, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant son lycée en signe de soutien, rapporte la BBC.

Article écrit par Liselotte Mas (@liselottemas).