Depuis la mi-août, un hashtag fleurit chez les internautes palestiniens à travers le monde, #MyPalestinianSitty, qui veut dire en arabe palestinien "ma grand-mère palestinienne". Sous cette expression, des utilisateurs de Twitter et d’Instagram ont posté les photos de leurs grands-mères vivant dans les territoires occupés, afin d’afficher leur soutien avec l’élue américaine, d’origine palestinienne, Rashida Tlaieb, qui n’a pas pu rendre visite à son aïeule.

Ce mouvement de solidarité a été lancé à la mi-août, lorsque, sous l’impulsion du président américain Donald Trump, les deux députées américaines, Rashida Tlaib et Ilhan Omar, issues de l’aile gauche du Parti démocrate, ont été interdites d’entrée sur le territoire israélien, par les autorités du pays. En cause
 : les positions militantes des deux femmes, qui avaient prévu une visite officielle à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

En effet, Rashida Tlaib, 43 ans, est la première élue américaine d’origine palestinienne à siéger à la Chambre des représentants, aux États-Unis. Avec sa collègue Ilhan Omar, elles sont connues pour soutenir la campagne Boycott Désinvestissement et Sanction (BDS), qui appelle au boycott économique, culturel, académique et politique d’Israël, afin de mettre fin à l’occupation et à la colonisation des territoires palestiniens, obtenir une égalité de traitement entre citoyens juifs et arabes d’Israël ainsi que le droit au retour des réfugiés palestiniens. Or, depuis 2017, Israël a fait voter une loi l’autorisant à interdire sur son territoire toute personne ayant des positions pro-BDS.

Devant ce refus, la députée Rashida Tlaib a d’abord demandé une autorisation à se rendre en Cisjordanie, pour rendre visite à sa grand-mère. Accordé, répondent alors les autorités israéliennes, pour "motifs humanitaires" mais à une condition : ne pas promouvoir la campagne de boycott contre Israël. Finalement, Tlaib refusera de s’y rendre.

Un soutien explicite

Le résultat ne s’est pas fait attendre : les photos des grands-mères palestiniennes, communément appelées aussi "Teta" ("Mamie" en palestinien) ont envahi la Toile, dans un soutien explicite à la députée américaine, souvent citée dans les tweets des internautes palestiniens :

"En hommage à la merveilleuse grand-mère de Rashida Tlaib, voici ma grand-mère palestinienne, debout aux côtés de ma mère, dans les années 1980. Et mon autre grand-mère avec mon grand-père, aux côtés de mon père (en haut à droite) et de mon oncle."

"Nous vous aimons Rashida Tlaib !"
 

Des années 40 jusqu’à aujourd’hui…

En plus du soutien à Tlaib, c’est aussi la symbolique de la figure de la grand-mère qui a été mise en avant par plusieurs internautes. Ainsi, sortir les photos de leurs aïeules signifiait rappeler la mémoire de ceux qu’on appelle "les Palestiniens de 48", c’est-à-dire ceux qui ont vécu l’exode de 1948, après la première guerre israélo-arabe.

"Mon élégante mamie, tout à gauche et en noir, avec son père et ses frères et sœurs en Palestine, probablement dans les années 1940-1950"

"Mamie Selma et moi, et la maison à Jaffa où elle n'a jamais eu la chance de retourner".
 

… et du Proche-Orient aux États-Unis
 

Et, pour les Palestiniens de la diaspora, poser avec leurs grands-mères signifiait entretenir un lien avec une terre qu’ils n’ont pas connue :


Photo d'une grand-mère palestinienne de la diaspora américaine, prise à Lakewood, Ohio, et partagée sur Instagram.