Les habitants de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, ont découvert plusieurs inscriptions sur le trottoir ces dernières semaines. L’initiative, lancée par deux botanistes, a pour objectif de recenser les espèces sauvages, parfois surprenantes, présentes dans les rues de la ville.

Figuier, molène à fleurs dense ou encore sporobole d’Inde : les noms de ces plantes, parfois sauvages, sont marqués à la craie sur les trottoirs des rues de Toulouse.

L’initiative, lancée en avril 2019 par Boris Presseq, botaniste au Muséum de Toulouse, et Pierre-Olivier Cochard, naturaliste membre de l’association Nature en Occitanie, a pour objectif de recenser un maximum d’espèces. "C’est l’arrêt de l’emploi des produits phytosanitaires dans les communes de France et en particulier à Toulouse qui a permis la recrudescence de plantes sauvages en pleine ville", explique le blog du Muséum de Toulouse.

Les deux botanistes ont dénombré 800 espèces de plantes sauvages à Toulouse, depuis le début de leur enquête. Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24, Boris Presseq explique :

Le message qu'on a voulu transmettre à la municipalité, c'est de continuer ses efforts pour la préservation de ces espèces sauvages. [La municipalité de Toulouse utilise depuis 2017 des techniques alternatives et prône le "zéro pesticide", NDLR.] Ce sont des plantes qui ne sont ni nocives, ni gênantes pour le quotidien, et il n'y a pas de raison de les arracher.

Notre démarche a aussi un but pédagogique : ces espèces amènent certains types d'insectes, voire même d'oiseaux, et participent à la diversité de la biodiversité, en plein cœur de la ville. À Toulouse, on retrouve notamment plusieurs espèces sud-américaines. La plupart des graines viennent notamment des boules de nourriture pour oiseaux, qui ne sont généralement pas fabriquées en France, notamment des espèces de millet, un graminé d'origine américaine. Les oiseaux picorent ces graines, et parfois, les ammènent avec eux et les relâchent sur ces trottoirs, ce qui donne ces plantes !

Je dirais que l'espèce la plus surprenante que j'ai pu observer est le figuier : on a plus l'habitude de les voir dans les jardins, mais à Toulouse, cette plante retrouve toutes les conditions de son milieu natal méditerranéen dans les espaces publics. Si on laissait Toulouse à l'abandon pendant plusieurs dizaines d'années, le figuier aurait de grandes chance d'être l'une des plantes les plus prospères dans l'espace public.


Connaissez-vous une initiative similaire près de chez vous ? N’hésitez pas à nous en parler dans les commentaires ci-dessous !