Un tigre s’est enfui d’un parc d’attraction à Touggourt, au sud-est d’Alger, le jeudi 15 août. Après plusieurs heures de traque, l’animal a été retrouvé et tué par la gendarmerie, puis dépecé par des habitants. Les photos et vidéos de cette "chasse au tigre", qui ont massivement circulé sur les réseaux sociaux, ont choqué les internautes algériens qui ne s’expliquaient pas le recours à une solution aussi radicale.

Le tigre ne s’était pas enfui d’un parc zoologique, comme rapporté par nombre de médias, mais du parc d’attraction Meassaoudi Park, ce qui laisse planer des interrogations sur le respect des conditions de détention et de sécurité.

Selon l’un des pompiers ayant participé à la traque de l’animal, et dont l’interview a circulé sur des pages Facebook, le tigre avait 11 mois, et son évasion serait due au fait que "le toit de sa cage était mal fermé". Durant les cinq heures de traque de l’animal, de nombreux habitants se sont enfermés chez eux, par peur de se faire attaquer. Le pompier s’est félicité de la fin malheureuse de l’animal et de l’effort déployé par la gendarmerie :"Après tout, c’est un animal sauvage."

Vidéo montrant la traque et la mise à mort du tigre.


Une grande majorité d’internautes ne semble toutefois pas partager son avis. Beaucoup ont commenté l’événement en demandant pourquoi l’animal n’avait pas été anesthésié et ramené dans sa cage, au lieu d’être tué.


Certains ont ironisé amèrement : "Ces gens venus assister au spectacle sont plus dangereux que le tigre !"

Les administrateurs de la page "Les Mains Vertes", qui informe sur l’actualité écologique en Algérie, se sont notamment indignés de ce traitement, qui serait dû à une "pénurie de sédatifs" :


Plus choquant encore, une vidéo en direct a été diffusée sur Facebook pendant que des habitants, qui accompagnaient les gendarmes lors de la traque de l’animal, se sont mis à le dépecer. Si la vidéo a été rapidement supprimée par son auteur, les captures d’écran faites par des utilisateurs de Facebook ont massivement circulé. Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24, un habitant de Touggourt, la peau de l’animal a été remise au propriétaire de l’animal, le gérant du parc d’attraction. On ignore toutefois ce qui a été fait du reste du cadavre.