Une vidéo montrant des individus cagoulés et torse nu monter des barricades sur une autoroute a été présentée comme étant prise à Calais, si on en croit la légende qui s’affiche sur les images. Plusieurs internautes en France, en Allemagne, aux États-Unis ou au Portugal ont relayé la vidéo… qui s’avère avoir été prise en Israël lors de manifestations d’Éthiopiens après la mort de l’un d’entre eux.

La vidéo a été diffusée en France par plusieurs comptes conservateurs dès le 13 juillet et popularisée par Maurizio Baldini, référent départemental des jeunes du Rassemblement national (ex-Front national) en Charente-Maritime.

Sur la publication, dès les premières secondes, s’affiche le mot "Calais", ville du nord de la France où se concentrent de nombreux migrants qui tentent d’embarquer pour l’Angleterre. On voit des individus cagoulés jeter des pierres pour bloquer une route. Les légendes partagées en français font la comparaison avec une "intifada du Hamas" palestinien, en affirmant que ces images montrent "une scène quotidienne à Calais".

Exemple de publication relayée utilisant le mot "Calais" sur la vidéo.

La publication existait déjà sur des pages Facebook en plusieurs langues : "Migrants in Calais" en anglais, "Băieții de la Calais" en roumain, ou encore "In Calais geht mal wieder der Punk ab" en allemand.

Toutes ces publications font référence à la situation à Calais. Une situation qui a, par le passé, occasionné des violences entre migrants, ou avec la police.


Exemple d'autres publications reprenant la même vidéo dès le 13 juillet et légendant "Calais".

Pourquoi c’est faux

Les Observateurs de France 24 avaient déjà eu connaissance de cette vidéo dès le début du mois de juillet : plusieurs internautes basés en Israël nous l’avaient transmise lors du début des manifestations de ressortissants éthiopiens après la mort de l’un des leurs, Salomon Teka, tué le 30 juillet par un policier.

Des manifestations avaient alors éclaté dans les rangs de cette communauté juive originaire d’Afrique de l’Est estimant être victime de racisme.

La vidéo avait été publiée le 2 juillet sur plusieurs médias israéliens et prise à l’échangeur de Gedera. Trois policiers avaient été blessés lors de ces jets de pierres, ont précisé des médias locaux.

La rédaction des Observateurs a pu retrouver sur Google Earth l’endroit exact où s’est déroulée la scène le 2 juillet , en contrebas de l’échangeur.


Vue de l'échangeur de Gedera sur Google Earth. On reconnaît l'endroit exact où ont eu lieu les heurts, en contrebas du pont, le 2 juillet.

Accusé par de nombreuses personnes de diffuser de fausses informations, le politicien français Maurizio Baldini a finalement supprimé ses tweets. Il s’est justifié en expliquant "si vous aviez interprété que cette scène précise se passe à Calais, ce n'était pas l'objet" et en postant un reportage à Calais de la chaîne BFMTV datant de 2016 pour illustrer son propos.

Malgré cette erreur, les publications dans les autres langues étaient toujours disponible l’après-midi du 15 juillet.