Une vidéo surprenante montrant un palmier et des buissons en feu, supposément "à cause de la chaleur ", circule actuellement sur Facebook en anglais et en espagnol. Il s’agit d’un vieil "hoax ", qui refait surface chaque été, dont l’explication est beaucoup plus rationnelle.

Selon ces publications, comme celle-ci en espagnol, partagée plus de 4 000 fois, les températures auraient atteint 63 degrés à Dubaï. Elles auraient provoqué l’incendie de buissons sur le bord de l’autoroute, ainsi que d’un palmier, comme semblent le montrer deux vidéos successives. "Le changement climatique est déjà là", ajoute l'internaute.

Pourquoi ces feux n’ont rien à voir avec la chaleur

Si l’intention de cet utilisateur est louable – alerter sur les conséquences du réchauffement climatique – tout est faux dans cette publication.

Sur la vidéo du palmier tout d’abord, un homme parlant arabe explique clairement que l’arbre a été "touché par le foudre" et donne même un nom de rue.

Une recherche de la vidéo du palmier avec l’outil d’Amnesty – Youtube Data Viewer (voir ici comment l’utiliser) permet de retrouver une vidéo datant du 1er aout 2017, et confirme la version du témoin : l’arbre avait été touché par la foudre à Médine, en Arabie Saoudite, comme l’ont expliqué plusieurs médias saoudiens comme celui-ci.  

Traduction via Google translate de l'article en arabe expliquant pourquoi ce palmier a pris feu. Article disponible en cliquant sur l'image.

En utilisant le même outil, on peut également trouver des informations sur la première vidéo montrant des arbustes en feu : un article explique ainsi que des pompiers sont intervenus après que des arbustes ont pris feu près d’une autoroute au Koweït. On aperçoit d’ailleurs dans la vidéo la Tour de la libération, un immeuble reconnaissable dans la capitale du pays.

Traduction via Google translate de l'article en arabe relayant le feu de ces arbustes au Koweït en 2017. On distingue dans la photo la Tour de la libération, une tour reconnaissable du Koweït. Article disponible en arabe en cliquant sur l'image.

Les différents articles consultés n’expliquent pas ce qui a provoqué le feu au niveau de ces arbustes, mais il est très improbable qu’il ait été causé par la chaleur : selon le média espagnol Newtral, qui a interrogé un spécialiste des feux de forêts, "un végétal ne peut rentrer en combustion que lorsque les températures dépassent les 200 degrés".

Ce n’est pas la première fois que ces publications font surface : on retrouve les mêmes vidéos à l'approche de l'été en 2017 et 2018, souvent avec les mêmes indications de température erronées à la fois en anglais, en français et en arabe.

Quelques exemples de publications en français et en arabe ayant circulé durant l'été 2017 reprenant exactement la même fausse information.

63 degrés au Koweït ou à Dubaï ? Ça n’est jamais arrivé

Ces dernières semaines, d’autres publications ont affirmé que les températures auraient atteint les 63 degrés dans la zone, comme celle qui évoque des voitures qui auraient fondu sous l’effet de la chaleur.

Cependant, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les températures les plus élevées enregistrées ces soixante-seize dernières années n’ont jamais dépassé les 54 °C. Les deux températures les plus élevées, relevées par cette organisation lors des 70 dernières années ont été enregistrées à Mitribah, au Koweït, le 21 juillet 2016 (53,9 °C), et à Turbat, au Pakistan, le 28 mai 2017 (53,7 °C).

Pour retrouver des pics de chaleur encore plus élevés, il faut même remonter encore plus loin dans le temps dans des archives de l’ancêtre de l’OMM : 55 °C en Tunisie en 1931, et 56,7 °C à Furnace Creek, en Californie, en 1913.

Cette année, la température maximale en juin à Koweit a été de 51 degrés et de 46 degrés à Dubaï. Bien loin des 63 degrés annoncés.