La ville russe de Norilsk, en Sibérie, n’avait pas vu ça depuis 40 ans. Un ours polaire s’est introduit mardi 18 juin dans une zone industrielle, visiblement à la recherche de nourriture. Les vidéos de l’animal ont suscité des réactions attristées des internautes, mais surtout des habitants. L’habitat de l’ours polaire, une espèce protégée, est situé à plus de 800 km et sa présence dans la ville pourrait bien être une conséquence de la crise climatique.

Sur la vidéo, on voit l’animal marcher dans une zone industrielle et chercher de la nourriture avec son museau dans le sol. Selon les médias locaux, l’animal a également cherché de la nourriture dans des bennes à ordures et des décharges et s’est couché au sol à plusieurs reprises.



 

"C’est un signe alarmant que quelque chose ne tourne pas rond dans la nature"

Alexei Kolesnikof, contacté par notre rédaction, travaille dans une mine de la ville et a pu voir l’animal.
 
Je l’ai vu dans le district de Talnakh, juste à l’extérieur de Norilsk. Il cherchait de la nourriture et mangeait des restes alimentaires jetés à terre. Un peu après il s’est endormi à cet endroit. Il avait l’air très propre à l’exception de ses pattes qui étaient pleines de terre, relativement bien nourri et pas agressif. En somme, il n’avait pas l’air d’avoir fait les centaines de kilomètres qui séparent Norilsk de Dixon, la zone d’habitat naturel des ours polaires la plus proche.

Voir cette publication sur Instagram

Итак, можно поводить итоги на сегодня. Но сперва я хотел бы поговорить о этике общения... Я немного в шоке, честно говоря. На меня обрушился просто шквал нападок после первых публикаций! Чего только не пишут, и всё больше мерзость. Как будто это я этого мишку сюда загнал и принимаю решение, что с ним дальше делать! Все решения принимает администрация города! Предупреждаю всех тролей и иже с ними! Буду всех блокировать без предупреждения! Не нравится- не читайте! ⠀ Итак, мы сегодня, совместно с корреспондентом "Северного города", провели целое расследование! Нашли места, где были проведены первые съёмки белого медведя, следы его переходов, остатки его трапезы. Далее, объехали места его возможного нахождения, обследовали на квадрокоптере окрестности мест встречи с ним, но найти зверя не удалось сразу. Нашли место, откуда медведь взял оленью шкуру, которую обглодал. Провозившись несколько часов, мы поехали в Норильск передохнуть и покушать. Но увы, мы остались голодными. Появилось новое видео, и стало понятно где находится зверь. Он шел вдоль труб к старому АБК рудника "Таймырский". И мы срочно поехали обратно... ⠀ Вопрос к читателям. Учитывая массовые нападки на публикации о белом медведе, прошу высказать всех своё мнение, стоит или нет продолжать публикации?...

Une publication partagée par ПЛАТО ПУТОРАНА ОЛЕГ КРАШЕВСКИЙ (@putoranatour) le

En le voyant j’étais à la fois assez heureux, parce que c’était une sorte de miracle de le voir ici, mais aussi triste. Il n’est pas naturel pour les ours polaires de quitter leur habitat à la recherche de nourriture. C’est pour moi un signe alarmant que quelque chose ne tourne pas rond dans la nature en général ou dans l’endroit d’où il vient.

Comme le précise à l’AFP Alexandre Korobkine, un responsable local des services environnementaux, mardi, l’ours "se déplace encore dans les alentours d’une usine, sous le contrôle des policiers et des services d’urgence qui s’assurent de sa sécurité et de celle des habitants". Ce mercredi 19 juin, une équipe de spécialistes est arrivée à Norilsk pour inspecter l’animal et prendre une décision sur son sort.

Selon la photographe locale Irina Yarinskaya, contactée par notre rédaction, les experts ont construit une cage et vont le placer prochainement à l’intérieur pour l’étudier et ensuite décider de l’endroit où il sera transporté.

"L’ours est longtemps resté allongé sur le sol, il ouvrait parfois les yeux. Une fois reposé, il s’est doucement levé et a traversé la route avant d’aller à la décharge", raconte la photographe Irina Yarinskaya.

La raison de l’arrivée de l’ours en ville n’est pas claire, a indiqué au quotidien britannique The Guardian Oleg Krashevsky, un expert local de la faune, qui estime par ailleurs qu’il pourrait s’être perdu et que l’animal avait visiblement des difficultés pour voir.

La crise climatique a considérablement réduit les banquises où vivent les ours polaires, les forçant à chercher leur nourriture sur la terre ferme et à parfois entrer en contact avec des humains et des zones urbaines.
En février 2019, plusieurs dizaines d’ours affamés s’étaient rendus sur l’archipel russe de Nouvelle-Zemble, où vivent une centaine de personnes. Ils s’étaient introduits dans des habitations, des bâtiments publics à la recherche de nourriture.