Dans une vidéo partagée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, on voit un prêtre entonner un chant de messe un peu particulier : "Emmanuel Macron, ô tête de c*n, on vient te chercher chez toi". La vidéo, tournée dimanche 2 juin dans une église en Normandie, n’a pas échappé aux autorités qui ont saisi la justice pour "outrage" au chef de l’État et non-respect de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État.

La vidéo a été tournée dans l’église du Planquay, dans l’Eure. L’abbé à l’écran s’appelle Francis Michel. Il y entonne, entouré d’une vingtaine de personnes portant des gilets jaunes, un chant politique hostile au président de la République. "Emmanuel Macron, ô tête de c*n, on vient te chercher chez toi […] Même si Macron ne le veut pas, nous on est là, pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur", peut-on entendre dans deux extraits vidéo de la scène, visibles ici et ici. Ce refrain est entonné depuis plusieurs mois par les Gilets jaunes lors de leurs manifestations.

Contrairement à ce qui est affirmé en légende de cette vidéo, la vidéo n'a pas été tournée dans le Calvados mais dans l'Eure, un autre département de la région.

Ces images ont été partagées des dizaines de milliers de fois sur Facebook et Twitter. Elles ont rapidement suscité l’indignation de plusieurs personnalités politiques locales proches du gouvernement. "La honte", a commenté sur Twitter Sébastien Lecornu, secrétaire d’État en charge des collectivités et ancien président du conseil départemental de l’Eure. "Chacun sa place mon père", a ajouté sur la même plateforme Fabien Gouttefarde, député La République en marche – le parti présidentiel - de la 2e circonscription de l’Eure.

 
Un prêtre déjà condamné par avoir détourné des dons de fidèles

L’abbé Francis Michel n’en est pas à son premier coup d’éclat. Il est connu pour son soutien au mouvement des Gilets jaunes. Il avait notamment affublé une sculpture de Jésus d’un gilet jaune et planté 12 croix sur un rond-point de Bernay, en hommage aux protestataires morts depuis le début du mouvement.

Selon le dernier décompte de CheckNews, 11 personnes auraient été tuées depuis le début du mouvement, essentiellement dans le cadre d’accidents de la route au niveau des ronds-points, tandis que l’octogénaire Zineb Redouane est décédée à Marseille d'un arrêt cardiaque sur la table d'opération, après avoir été touchée au visage par une grenade lacrymogène.

Comme le rappelle le site de la chaine d’information LCI, ce prêtre n’est plus reconnu par sa hiérarchie depuis 2016, date à laquelle il a été suspendu pour poursuite de ses activités de recteur sans la permission de l'évêché. Il avait auparavant été condamné à 15 000 euros d’amende pour abus de confiance, suite au détournement de 100 000 euros sur les dons des fidèles. Il nie ces accusations mais a été récemment condamné en appel.

Selon les informations du journal Le Parisien, à la suite de cette vidéo, la préfecture de l’Eure a décidé de saisir le parquet pour contravention à la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État et pour "outrage" à la personne du chef de l’État.