Dans la région de Guinée forestière, dans le sud-est du pays, des éléphants ont été vu très près d’une ville, à une centaine de kilomètres de leur habitat naturel, suscitant la curiosité des habitants. Une scène inhabituelle qui pourrait être une conséquence du braconnage.

Malgré l’excitation de la foule, ils gardent leur calme. Deux éléphants, un mâle adulte et son éléphanteau, ont fait irruption le 29 mai dans le quartier de Boma, à Nzérékoré, la deuxième ville la plus peuplée de la République de Guinée, dans le sud-est du pays.



Les habitants sont sortis en masse pour aller à leur rencontre et filmer ces pachydermes, que beaucoup voyaient pour la première fois, comme Sekouba Beréte, chauffeur de taxi à Nzérékoré :
Il n’y a jamais eu d’éléphants en ville, d’habitude il faut aller près de la forêt pour en voir. Alors tout le monde voulait s’en approcher, moi j’ai fait un selfie et je suis même allé en toucher un parce qu’ils n’étaient pas agressifs !



 

"La mère a été abattue il y a trois ans"

Ces éléphants vivent dans la forêt de Ziama, classée réserve de biosphère par l’Unesco, à une centaine de kilomètre de Nzérékoré. Elle comptait 214 éléphants lors du dernier recensement réalisé en 2004. Selon Wata Camara, directrice du centre forestier, s’il est courant qu’ils s’aventurent dans les villages près de la forêt, il est difficile de savoir ce qui a pu les amener si loin de leur habitat :
Il est nécessaire de mener une étude pour essayer de comprendre ce qui s’est passé. Nous connaissons ce mâle et son éléphanteau. Il y a trois ans la mère a été abattue par un braconnier à l’intérieur de la réserve. Depuis ils sortent régulièrement de la forêt à la recherche de cette femelle. C’est une des raisons qui pourrait expliquer qu’ils soient arrivés jusqu’en ville. Mais il est aussi possible qu’ils aient été tout simplement à la recherche de nourriture…

Quatre gardes forestiers sont chargés d’accompagner les éléphants pour retourner dans la forêt. L’occasion, précise leur chef Baré Koivogui, d’en savoir un peu plus sur les causes de cette escapade :
Les agents qui les suivent depuis deux jours sont équipés de balises GPS pour que nous puissions étudier leur itinéraire. À leur retour, nous pourrons donc peut-être mieux comprendre leurs motivations.

Cette équipe est aussi là pour protéger les éléphants d’éventuelles attaques ou des débordements qui pourraient avoir lieu : les gens sont surpris de voir en vrai ces animaux qu’ils n’avaient vu jusque-là que dans des documentaires. Mais comme on le voit sur ces images, les éléphants ne sont pas agressifs, ils n’ont pas peur des humains.

Dans un communiqué, le préfet de Nzérékoré a d’ailleurs invité la population à "adopter un comportement pacifique vis-à-vis des éléphants pendant leur chemin de retour".