Dimanche 19 mai à 14 h, plusieurs centaines de sans-papiers, rassemblés sous l’appellation des "Gilets noirs", et soutenus par des membres du Collectif La Chapelle debout, ont occupé les terminaux 2F et 2G de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, au nord de la capitale. Ils entendaient protester contre les expulsions pratiquées par la France dans un lieu qu’ils jugent symbolique.

Les vidéos ont été diffusées en direct sur Facebook, sur la page "Collectif La Chapelle debout !", un collectif indépendant qui lutte pour le droit des exilés et des migrants. Elles montrent l’ampleur de la mobilisation : des hommes et des femmes, habillés de noir, empruntant les escaliers électriques ou réunis dans les halls de l’aéroport.


Vidéo publiée en direct sur la page "Le Collectif la Chapelle debout !", montrant des sans-papiers montant les escaliers électriques du terminal 2 de l'aéroport Paris - Charles de Gaulle.

Autre vidéo publiée sur la même page, montrant les migrants réunis dans un des halls du terminal et scandant notamment :"Papiers pour tous !"

Mis à part les membres du Collectif, les manifestants étaient pour la plupart des "Gilets noirs", un collectif de migrants, venus d’une quarantaine de foyers en Île-de-France. Ils protestaient dans ce qu’ils estiment être un lieu symbolique, "une frontière", à partir de laquelle les sans-papiers sont renvoyés, soit vers leurs pays d’origine, soit vers d’autres pays européens (à cause du règlement dit "de Dublin" qui stipule qu’un migrant n’a le droit de déposer une demande de séjour que dans le premier pays européen où ses empreintes ont été relevées).

Le nombre d’expulsions de sans-papiers, qui avait déjà augmenté de 14 % en 2017 pour atteindre 14 859 expulsions, a encore enregistré un record l’année dernière, avec une augmentation de 20 %.

Arrivés en masse sur place – les collectifs affirment qu’ils étaient près de 500 -, les contestataires ont eu quelques accrochages avec les CRS, avant d’entamer le dialogue avec les forces de l’ordre. Encadrés de près par les forces de l’ordre, les migrants ont demandé publiquement la régularisation de tous les sans-papiers ainsi que la possibilité de faire venir leurs familles, dans le cadre du regroupement familial. Ils ont également appelé la compagnie Air France à ne plus participer au renvoi des sans-papiers.

Cordon de CRS faisant face aux manifestants. Photo publiée par le Collectif La Chapelle Debout !

Si la rencontre avec un responsable de la compagnie aérienne a effectivement eu lieu selon les manifestants, rien n’a filtré sur le contenu des échanges. Les membres du collectif ont quitté les lieux dans le calme à la suite de l’entrevue en annonçant une déclaration publique prochaine.

La rédaction des Observateurs de France 24 a contacté le Collectif La Chapelle debout ainsi qu’Air France. Nous publierons leurs réponses si elles nous parviennent.