Observateurs

Comme chaque vendredi depuis le 22 février, les Algériens s’apprêtent à manifester massivement vendredi 26 avril pour réclamer la fin du "système". À Alger-Centre, de nombreux bénévoles veilleront à leur bon déroulé : des médecins pour porter secours aux blessés, mais également des "gilets oranges ", un groupe de volontaires qui s’est défini comme mission de s’interposer entre les policiers et les manifestants pour prévenir tout dérapage.

Les manifestations se sont déroulées globalement sans violences depuis le 22 février, à l’exception de la marche du vendredi 12 avril, où des échauffourées avaient éclaté entre la police et un groupe de jeunes au niveau du tunnel des Facultés. Les forces de l’ordre avaient fait usage de gaz lacrymogènes et de canon à eaux pour disperser ces jeunes qui leur jetaient des pierres, provoquant un mouvement de panique et une bousculade parmi les manifestants qui se trouvaient à l’intérieur du tunnel.

C’est pour éviter qu’un tel scénario se répète que Tourfik Amrane a lancé la campagne des "gilets oranges", qui consiste à établir un cordon de sécurité entre les manifestants et les forces de l’ordre, au niveau du tunnel des Facultés notamment. Le but : apaiser de potentielles tensions, avoir un rôle dissuasif contre les poussées de violence.

Tourfik Amrane est installé au Canada, où il travaille comme correspondant de presse pour des médias algériens.

J’ai parlé de cette idée à des amis au lendemain des violences du 12 avril, et ça leur tout de suite plu. Puis nous avons réalisé une quête qui nous a permis d’acheter 200 gilets oranges. Des journalistes, des étudiants, des médecins et d’autres citoyens nous ont aussi rejoint après avoir appris l’existence de cette initiative sur les réseaux sociaux.

Donc le vendredi suivant, le 19 avril, nous nous sommes retrouvés le matin dans le centre-ville puis nous nous sommes rendus au tunnel dont l’entrée avait été bloquée par un cordon de police. Puis, nous avons simplement formé une chaine humaine entre les CRS et les manifestants.


Légende : Des "gilets oranges", se donnant la main, ont établi un cordon sécuritaire entre les manifestants et la police, à l’entrée du tunnel des Facultés, lors de la marche du 19 avril.

Il y a eu quelques provocations de la part d’une poignée de personnes, mais l’initiative a été très bien accueillie par les manifestants. Beaucoup ont d’ailleurs proposé de nous rejoindre. D’autres nous contactés contacté sur Facebook, après avoir vu les images sur les réseaux sociaux. Ils sont bien sûr tous les bienvenus.

Légende : Des "gilets oranges" s’interposant entre les manifestants et la police, au niveau du boulevard Mohamed V, lors de la marche du 19 avril.

Je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Il y a eu des initiatives similaires ces dernières semaines, des jeunes en gilets oranges qui se sont organisés dans leur quartier pour faire tampon entre la police et les manifestants. Et c’est une très bonne chose !"



Malgré la démission d’Abdelaziz Bouteflika, et l’annonce d’une élection présidentielle le 4 juillet prochain, de nombreux Algériens continuent de se mobiliser car ils craignent des fraudes.

La justice algérienne a lancé une série d’enquêtes sur des faits de corruption et de transferts illicites de capitaux visant de puissants hommes d’affaires souvent proches de l’ex-président Bouteflika.