Le 25 mars, une mère de famille résidant dans l'État de l'Indiana, aux États-Unis, a écrit à un journal étudiant pour expliquer avoir "honte" pour les jeunes femmes qui portaient des leggings, des vêtements indécents à ses yeux, estimant qu'elles devraient "plutôt porter des jeans". Les étudiantes ont répliqué en enfilant... des leggings, et en lançant le hashtag #leggingsdayND.

Dans sa lettre envoyée au journal "The Observer" de l’Université Notre Dame (État de l'Indiana), Maryann White, qui se présente comme une catholique ayant quatre fils, raconte avoir assisté à une scène l'ayant beaucoup gênée, lors d'une messe. Elle explique avoir été assise derrière des jeunes femmes portant des leggings et des hauts courts. D'après elle, il était difficile de ne pas regarder leurs "derrières" : "Je ne voulais pas les voir, mais c'était inévitable. Alors imaginez à quel point c'est difficile à ignorer pour les jeunes hommes."

Tout en reconnaissant le confort de ces pantalons, Maryann White s'est sentie "honteuse" pour ces jeunes femmes : "Je m'inquiète à la fois en raison des garçons peu recommandables qui vous regardent, mais aussi des gentils qui font tout pour éviter de regarder", écrit-elle.

Mais sa lettre n'a pas franchement eu l'effet escompté. Les 26 et 27 mars, des étudiantes de l’université catholique ont organisé des événements sur le campus pour appeler les gens à porter des leggings, afin de défendre le droit des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent. Sur Facebook, les événements "The Legging Protest" et "Leggings Pride Day" ont "intéressé" environ 2 500 internautes. Les participants ont ensuite utilisé le hashtag #leggingsdayND pour relayer des photos de leurs tenues sur les réseaux sociaux.


Les organisateurs du mouvement souhaitaient dénoncer la volonté de Maryann White de vouloir contrôler le corps des femmes, mais aussi de rendre les femmes responsables des actes des hommes. Dans sa lettre, elle avait en effet écrit que le "problème" des leggings était un problème que "seules les filles [pouvaient] résoudre". Elle avait aussi demandé aux lectrices : "Pourriez-vous penser aux mères des jeunes hommes, la prochaine fois que vous irez faire les courses, et envisager de choisir plutôt des jeans ?"

Des étudiantes publient des photos de leurs tenues, sur la page Facebook de l'événement "The Legging Protest".


Le groupe étudiant "Irish 4 Reproductive Health", organisateur de l’événement "Leggings Pride Day", lui a répondu que ses arguments perpétuaient "la culture du viol", laquelle rend les femmes responsables du comportement des autres.

Kaitlyn Wong, qui a créé l'événement Facebook "The Leggings Protest", a quant à elle écrit :

La croyance selon laquelle il est impossible de ne pas voir les fesses d'une femme est la raison pour laquelle les hommes, dans notre société, pensent qu'ils ont le pouvoir et le droit de maltraiter les femmes. [...] Les leggings sont si élastiques, si ajustés et si confortables. Pourriez-vous penser aux femmes qui cherchent simplement à être à l'aise lorsqu'elles se promènent à travers le monde la prochaine fois que vous parlerez à vos fils de la manière dont les femmes devraient être traitées ?


Cet article a été écrit par Jenny Che.