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Depuis début mars, des centaines de bénévoles se retrouvent chaque week-end pour reboiser la forêt de Kesra, au nord-ouest de la Tunisie. Il y a deux ans, des incendies l’avait ravagée et détruit des milliers de pins. Avec cette initiative, le collectif Soli & Green se donne pour objectif de planter 20 000 arbres d’ici à la fin du mois.

Des week-ends de camping, dans une ambiance familiale... et écolo. Fin février, plusieurs activistes environnementaux réunis au sein du collectif Soli & Green ont lancé un appel sur Facebook pour les aider à replanter des pins dans la forêt de Kesra tous les samedis et dimanches du mois de mars.

"Planter un arbre et le nommer au nom de quelqu’un qu’on aime"

Selon Houssem Hamdi, président de l’association Tunisie Recyclage et membre du collectif Soli & Green, l’opération est déjà un succès, avec près d’une centaine de participants chaque week-end.
 
Il y a deux ans, il y a eu d’importants incendies dans le nord-ouest de la Tunisie et nous étions plusieurs activistes présents sur place pour mener des actions, que ce soit sur le volet social ou sur le volet écologique. L’idée nous est venue avec un groupe d’amis de nous structurer davantage et de créer le collectif Soli & Green. On a également pensé à organiser des opérations de reboisement avec un concept original : planter un arbre et le nommer au nom de quelqu’un qu’on aime.


Au total, on compte planter 20 000 arbres sur une zone grande de 20 hectares d’ici fin mars. Ce reboisement permet aussi de lutter contre la désertification.

On a commencé par une zone près de Siliana où il y avait des pins avant les incendies. Les communautés locales vivaient des fruits de ces arbres [pignons] et donc on a pensé qu’il était important de leur assurer une sorte de compensation. J’espère que d’ici quelques années, ces pins porteront leurs fruits !

 
 
"J’espère que notre mouvement nous permettra de faire revivre les milliers d’hectares qui sont partis en fumée en Tunisie"

Au début, nous avons financé le projet nous-mêmes, avec nos amis et les adhérents. Puis les gardes-forestiers de la forêt de Kesra nous ont aidés sur le plan logistique : ils nous ont fourni du matériel, mais aussi aussi le "coaching" nécessaire.
 
 
Lors de la première session, nous avons planté 3 700 arbres et près de 100 bénévoles sont venus. Parmi eux, il y avait nos amis, des campeurs, des fous de nature, des randonneurs, mais aussi des gens de bonne volonté qui se sont manifestés sur Facebook.
 
Malheureusement, on arrive déjà à la fin du mois de mars, et donc à la fin de la saison de reboisement. En attendant la prochaine saison, à partir de novembre, on va essayer de grandir encore et de se déplacer dans d’autres régions qui ont été touchées par les incendies pour étudier au cas par cas les besoins des forêts et voir les arbres qu’il faudrait y replanter.
 
 
J’espère qu’à terme, notre mouvement nous permettra de faire revivre les milliers d’hectares qui sont partis en fumée partout en Tunisie. Car nous avons un sérieux problème : chaque fois, après les incendies, les initiatives pour reboiser sont dispersées et isolées. Nous, nous voulons organiser cela et travailler à la fois avec la société civile et le gouvernement pour rendre la Tunisie plus verte.
 
Voir aussi le témoignage en vidéo de notre Observateur :
 
 
En juillet 2017, une centaine d’incendies, dont une partie d’origine probablement criminelle, s’étaient déclarés dans le nord-ouest de la Tunisie. Près de 2 000 hectares de forêt avaient été détruits.

La même année, le pays avait annoncé un plan national pour lutter contre la désertification. Selon les autorités, ce processus toucherait près de 75 % des terres cultivables.

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Article écrit en collaboration avec
Maëva Poulet

Maëva Poulet