Après plus de trois semaines de manifestations, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé lundi 11 mars qu’il ne briguerait finalement pas un cinquième mandat et que l'élection présidentielle était reportée. Des annonces qui impliquent que le quatrième mandat du président actuel sera prolongé, ce qui suscite l’inquiétude de nombre de manifestants, qui restent mobilisés. Retour sur les principaux évènements de cette journée.

Le président Bouteflika est rentré en Algérie dimanche 10 mars, après deux semaines d'hospitalisation en Suisse pour des examens médicaux. Le lendemain, il annonçait, dans une lettre à la Nation, le report de l’élection présidentielle, qui se tiendra à l’issue d’une conférence nationale "inclusive et indépendante" et qui sera "chargée de d’élaborer un projet de Constitution d’ici fin 2019".

Mais de nombreux Algériens restent sceptiques et craignent une manœuvre visant à maintenir le chef de l'État et son cercle rapproché au pouvoir. Mardi 12 mars, des milliers de personnes sont sorties manifester contre le prolongement du 4e mandat., dans les rues d’Alger, et dans plusieurs autres villes comme Constantine, à l’est du pays, Tizou Ouzou et Béjaïa en Kabylie, Sidi Bel Abbès à l’ouest et Ouargla au sud.


"Nous jurons ! Par les tempêtes dévastatrices abattues sur nous..." Au centre d'Alger, les manifestants ont entonné l'hymne national en brandissant des pancartes contre le prolongement du 4e mandat.


Des manifestants ont en outre griffonné leurs revendications sur des post-it qu'ils ont collé à un mur. "I love you Algeria", peut-on lire sur l'un de ces post-il.


"Nous ne voulons pas du mandat 4,5" scandent les manifestants dans le centre d'Alger.


Les Algériens ont manifesté dans une ambiance de fête, comme ce fut le cas tout au long de ces trois dernières semaines de contestation.

Tunnel des facultés à Alger-centre.

À la mi-journée, la place de la Grande Poste d'Alger était noire de monde.


À Tizi Ouzou, en Kabylie, avocats et magistrats se sont rassemblés devant la cour de justice pour dénoncer le prolongement du 4e mandat, qualifié de mesure "anticonstitutionnelle".

Crédit photo: Info Tizi.

"Dégage ! Dégage !" ont crié les manifestants à Constantine, métropole de l'est de l'Algérie, et troisième ville la plus peuplée d'Algérie.


Le nouveau pictogramme de la contestation.


Ce jeune Algérois a interrompu une journaliste qui faisait son compte-rendu de la journée de mobilisation d'hier pour dire : "Qu'ils partent tous !". Ce qui a fait de cette intervention un mème sur Internet (une image déclinée massivement).


À Béjaïa, en Kabylie, les étudiants se sont rassemblés devant l'université pour réclamer un "changement radical" de régime.


À Sidi Bel Abbès, dans l'ouest du pays, des étudiants se sont rassemblés pour débattre et discuter de l'avenir du pays.