En Algérie, la mobilisation contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika ne faiblit pas. Partout à travers le pays, des milliers d’avocats et de magistrats ont tenu lundi 11 mars des rassemblements pour exprimer leur solidarité avec le mouvement de contestation et appelé à l’invalidation de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, très affaibli par la maladie.

Lundi soir, le président algérien Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat. Le président algérien a en outre décidé de reporter le scrutin qui était prévu le 18 avril, ajoute la présidence. Pendant toute la journée, les manifestants s'étaient mobilisés pour s'opposer à sa candidature. Ils ont été entendus.

À Oran, deuxième ville du pays, des centaines d’avocats se sont rassemblés devant la cour de justice. Vêtus de leurs robes noires, ils ont brandi des drapeaux algériens et scandé des slogans contre Bouteflika et le "système ".

Nadjib B., 28 ans, avocat à Oran, a filmé des images du rassemblement qu’il nous a transmises.

Les avocats rassemblés devant la cour de justice d'Oran scandent : "Y en a marre de ce pourvoir !". Vidéo transmise par notre Observateur Nadjib B.

"Ouyahia [Premier ministre] dégage !" scandent les manifestants.

"Ça continuera jusqu’à ce que cette mascarade s’arrête."

"Je participe aux manifestations parce que j’aime mon pays. Au tribunal, je plaide tous les jours contre l’injustice dont mes clients sont victimes. Alors aujourd’hui, je plaide contre l’injustice du 5e mandat, l’injustice dont mon pays est victime.

Environ 600 avocats, sur les 1 000 inscrits au barreau d’Oran, ont participé à ce rassemblement.

À Oran, seuls les avocats ont participé à la contestation, mais dans les autres wilayas, comme Alger et Skikda, les magistrats ont été nombreux à se joindre aux manifestants.

D’ailleurs, plus de 1 00 juges ont déclaré dès samedi [9 mars] dans un communiqué leur soutien au mouvement populaire. Ils ont annoncé qu’ils refuseraient de superviser les élections si la candidature de Bouteflika venait à être validée par le Conseil constitutionnel [en Algérie, la moitié des commissions électorales sont composées de juges, NDLR].

Nous demandons donc au Conseil constitutionnel de ne pas violer la constitution en validant la candidature de Bouteflika, très malade, et qui n’a pas parlé à son peuple depuis des années.

Ce qui est positif dans tout cela, c’est que désormais personne n’a peur. Des millions d’Algériens sont sortis dans les rues ces dernières semaines pour dire "non" à Bouteflika, et si le Conseil constitutionnel venait à valider, je suis convaincu que ça continuera … jusqu’à ce que cette mascarade s’arrête."

En Algérie, les yeux sont rivés sur le Conseil constitutionnel qui doit se prononcer d’ici jeudi 14 mars sur les candidatures à la présidentielle. De nombreux magistrats demandent au Conseil d’appliquer l’article 102 de la Constitution, qui stipule qu’en cas de maladie grave et durable du président, "le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement ".

Abdelaziz Bouteflika a déposé sa candidature, dimanche 3 mars, par procuration. Le lendemain, le Conseil constitutionnel supprimait de son site le communiqué mentionnant la présence obligatoire du candidat.

Depuis mi-février, des centaines de milliers d’Algériens manifestent contre la candidature du président à un cinquième mandat, au pouvoir depuis 1999. Très affaibli par un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2013, qui a affecté sa mobilité et son élocution, il n’apparait plus en public qu’en de très rares occasions.

Depuis mi-février, des centaines de milliers d’Algériens manifestent contre la candidature du président à un cinquième mandat, au pouvoir depuis 1999. Très affaibli par un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2013, qui a affecté sa mobilité et son élocution, il n’apparait plus en public qu’en de très rares occasions.

Le président Abdelaziz Bouteflika a regagné l’Algérie, dimanche 10 mars au soir, après deux semaines d’hospitalisation en Suisse. Et il n’a fait aucune apparition publique depuis.